Un timbre à l’effigie de la première femme française docteur en médecine

En Janvier 2021, la poste édite un timbre du portrait de MADELEINE BRES pour l’anniversaire des 100 ans de son décès.

MADELEINE BRES née Gebelin (1842 1921) est née dans le Gard, d’un père charretier ; venue à Paris à 12 ans, elle se marie à l’âge de 15 ans avec un conducteur d’omnibus.
Elle a obtenu le titre de docteur en médecine en 1875.

Avant le milieu du XIXème siècle, les femmes n’avaient pas accès aux études supérieures. Madeleine BRES, passionnée depuis son plus jeune âge par la médecine, a  cependant obtenu son Bac.
Les femmes ne disposant pas de la majorité civile en vertu de la législation de l’époque, Madeleine a du avoir l’autorisation de son mari pour faire ses études supérieures.

La réussite au Bac ne suffisant pas, c’est grâce à l’intervention de l’Impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III, qu’elle a pu s’inscrire à la faculté de Médecine de Paris en 1868 à l’âge de 26 ans.
Quatre femmes entrent à la faculté à la même époque : une russe, une américaine, une anglaise, Madeleine BRES est la seule française.
Ce ne fut pas si simple pour elle, pas d’accès à l’externat, ni à l’internat, le professeur Pierre BROCA de la Pitié Salpêtrière, partisan de l’accès des femmes à la médecine, la prend en qualité d’élève stagiaire dans son service.

Elle passa sa thèse en 1875 intitulée « De la mamelle et de l’allaitement » avec mention « extrêmement bon ».
Elle officie au début comme professeur d’hygiène et enseigne aux directrices d’école maternelle. Elle installe son cabinet, spécialisée dans la gynécologie et la pédiatrie.
Elle fut l’auteur de plusieurs livres de puériculture et sur l’allaitement maternel.
Elle a dirigé le journal « Hygiène de la femme et l’enfant » et donné des conférences sur ce thème.
En 1880, elle fonde aux Batignolles une crèche grâce à des dons de femmes, et sur ses propres deniers.
En 1891, le gouvernement la missionne pour aller en Suisse étudier l’organisation des crèches.
Veuve avec trois enfants à charge, elle finit sa vie, oubliée, pauvre et aveugle à l’âge de 79 ans.

On a donné en hommage son nom à des rues dans le 13ème arrondissement à Paris, à Lille, à Poitiers.
Des bâtiments, des pavillons dans des hôpitaux portent son nom : Hôpital d’Avicenne, Argenteuil, Taverny, Centre hospitalier du Mans, construit dernièrement en 2020.
Des maisons de retraite dans les Yvelines, à Limoux, à Cholet une maison médicale et une résidence Universitaire à Nantes rappellent son parcours.

Merci à Madeleine BRES qui aura permis d’ouvrir les études de médecine aux françaises, mais les femmes n’obtiendront de présenter le concours d’externat qu’en 1882 et celui de l’internat en 1885.
Tout un parcours depuis cette époque puisqu’actuellement on assiste à une féminisation de la profession médicale.

Rédaction : Dr GOUMARD Danièle membre du Conseil d’Administration de l’APPA