Découvrez le nouveau dispositif « Mon Psy »


Depuis le 5 avril 2022, 8 séances par an de consultation chez un psychologue sont remboursées.


Cette mesure, mise en place pour rendre la consultation psychologique plus accessible pour tous, a été suivie par la création du dispositif « Mon Psy ».

Quelles en sont les spécificités ?

Le tarif des séances est de 30 € sans dépassement d’honoraires. La première consultation comportant un entretien d’évaluation est fixée à 40 €.

Du côté du patient, il faut :

  • Être âgé(e) de plus de 3 ans et présenter des troubles légers à modérés (par exemple, des problèmes de consommation d’alcool ou de stupéfiants ou des troubles anxieux).
  • Avoir été adressé(e) par un médecin.
  • Prendre rendez-vous chez un psychologue impliqué dans le dispositif.

Du côté du ou de la psychologue, il faut :

  • Être inscrit(e) auprès de son agence régionale de santé (vous avez la possibilité de vous porter candidat(e) en ligne ici).
  • Avoir exercé au moins 3 ans.
  • Avoir conclu une convention avec la caisse primaire d’Assurance Maladie.

Quid du paiement de la consultation ?

D’une manière générale, le patient doit avancer les frais. Le psychologue lui remet une feuille de soin à envoyer à l’assurance maladie, avec le « courrier d’adressage » du médecin (uniquement pour la demande de remboursement de la première consultation).

De son côté, le psychologue peut ne pas facturer le patient et être réglé directement par la Sécurité sociale lorsque ce dernier remplit l’une des conditions suivantes :

  • Être bénéficiaire de la Complémentaire Santé Solidaire (CSS) ou de l’Aide Médicale d’État (AME).
  • Être en soins pour des Affections de Longues Durées (ALD).
  • Être en soins pour des maux relatifs à une maternité (à partir du 6e mois de grossesse).
  • Être en soins pour des maux relatifs à un Accident du Travail ou une Maladie Professionnelle (AT-MP).

Education thérapeutique


Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, l’éducation thérapeutique du patient, ou ETP, vise à aider les patients à acquérir ou maintenir les compétences dont ils ont besoin pour gérer au mieux leur vie avec une maladie chronique (diabète, schizophrénie, insuffisance rénale, etc.).


Il s’agit donc d’un processus d’apprentissage. Celui-ci ayant pour but les changements de comportement du patient, pour devenir acteur de sa santé, partenaire éclairé et actif. Ce processus est continu. Il fait partie intégrante et, de façon permanente, de la prise en charge du patient. Et ce, quelle que soit la discipline médicale concernée.

La Haute Autorité de Santé précise que l’ETP comprend des activités organisées conçues pour rendre les patients conscients et informés de leur maladie, des soins, de l’organisation et des procédures hospitalières, ainsi que des comportements liés à la santé et à la maladie. Elles ont pour but de les aider à comprendre leur pathologie et leur traitement. Mais aussi collaborer ensemble et assumer leurs responsabilités dans leur propre prise en charge. En ce sens, l’ETP s’adresse également aux aidants. Savoir vivre avec la maladie, c’est établir un nouveau rapport à soi, aux autres et à l’environnement. Les bénéfices sont donc communs.

Une information orale ou écrite, un conseil de prévention peuvent être délivrés par un professionnel de santé à diverses occasions. Cependant, ils n’équivalent pas à une éducation thérapeutique du patient.

L’ETP participe à l’amélioration de la santé du patient (biologique, clinique) et à l’amélioration de sa qualité de vie et à celle de ses proches.

Ses finalités spécifiques sont l’acquisition ou le maintien par le patient :

  • De compétences d’auto-soins. Parmi elles, l’acquisition de compétences dites de sécurité́ vise à sauvegarder la vie du patient,
  • De compétences d’adaptation. Elles s’appuient sur le vécu et l’expérience antérieure du patient et font partie d’un ensemble plus large de compétences psychosociales.

La loi Hôpital Patient Santé Territoire (HPST) de 2009 a officiellement formalisé l’ETP et définit les modalités de mise en œuvre. Ainsi, l’ETP s’appuie sur un programme, conçu en équipe pluridisciplinaire dont nécessairement un médecin. Ce programme est porté par un coordonnateur. Il est aussi autorisé par l’Agence Régionale de Santé pour une durée de 4 ans (renouvelable).

La liste des programmes autorisés pour chaque région est disponible sur le site internet de l’ARS concernée. L’ETP est dispensée par des professionnels de santé formés (formation validante de 40h au minimum). Et de plus en plus par des patients ou des aidants également formés. La mise en œuvre s’organise nécessairement en 4 étapes. Le bilan éducatif partagé. La définition d’objectifs pédagogiques personnalisés. Les séances éducatives et enfin un temps d’évaluation (compétences acquises et déroulement du programme). Ces séances peuvent être individuelles ou en groupe, alors animées par un binôme d’animateurs formés. Leur durée, généralement de 2 heures, ainsi que leur fréquence, sont définies au sein du programme.

Même si les échanges entre les participants sont précieux et favorisés, cela va plus loin qu’un groupe de parole. Avec, notamment, un programme précis par séance, comprenant des objectifs définis et personnalisés.

Le concept de « programme » permet de donner un cadre, de garantir un apport méthodologique et théorique de qualité. Il est aussi gage de reproductibilité. C’est important, tant pour les participants (patients ou aidants) qui vont bénéficier du même apport que pour les animateurs qui n’ont pas à improviser l’organisation de la séance. L’animation peut donc être plus créative, s’ajustant aux besoins spécifiques du groupe présent. L’ETP s’appuie sur une posture singulière et une culture motivationnelle. Les techniques d’animation et outils pédagogiques sont choisis afin de faire émerger le savoir expérientiel des bénéficiaires sur un mode participatif. La parole d’un pair est généralement mieux perçue, acceptée et mémorisée que celle d’un professionnel. La pratique en groupe constitue un levier majeur pour le changement de comportement recherché.

La Haute Autorité de Santé (H.A.S.) a rédigé de nombreux guides, recommandations et autres textes pour aider à la mise en place d’ETP et en
favoriser la bonne qualité. Ceci permet aux équipes de pouvoir s’appuyer sur des référentiels communs.

L’approche toute particulière de l’ETP permet une rencontre singulière avec le patient, et sa famille, une nouvelle vision des soins et de la personne. Une fois les principaux obstacles du manque de temps et de financement dépassés, l’exercice de cette discipline est riche, varié et fort humainement. Une expérience extraordinaire pour ceux qui ont la chance de la pratiquer.

Références :

Ref Rapport de l’OMS-Europe, publié en 1996, Therapeutic Patient Education – Continuing Education Programmes for Health Care Providers in the field of Chronic Disease, traduit en français en 1998

Docteur Maïté CELHAY – Psychiatre au Centre Hospitalier des Pyrénées de PAU (64)

Coordinatrice de l’UTEPP (Unité Transversale d’Éducation thérapeutique du Patient en Psychiatrie)

Responsable de l’EMJSP (Équipe Mobile pour les Jeunes en Souffrance Psychique)

Formatrice en ETP

Vaccination


La pandémie virale de la COVID-19 marque ce siècle…


Ses dégâts humains, sociétaux, et économiques sont considérables. Maigre consolation, le défi sanitaire lancé par le virus a permis des progrès scientifiques et médicaux, inespérés il y a un an lors de son arrivée, en premier lieu la mise au point de nouveaux vaccins, quoiqu’en pensent les dubitatifs, opposants ou colporteurs de fausses informations.

La vaccination est la seule solution raisonnablement envisageable avec, dans son attente, les mesures barrières, en l’absence de médicament antiviral établi.

Les  données évoluant quasi de jour en jour, il nous est apparu utile de porter à la connaissance de nos adhérents le document « Vaccins contre la Covid-19 : questions et réponses» de la Société Infectieuse de Langue Française, et le « Guide de la vaccination pour le patient» faciles d’actualisation, que vous trouverez en lien.

Nous vous invitons également à lire l’explication dessinée de « La Vie de Carabin ».

Même si les adhérents de l’APPA sont, par essence, déjà très avertis, et espérons-le, convaincus.

François DOUCHAIN
Secrétaire Général de l’APPA

Découvrez les ateliers « eJades »


Internes, médecins, pharmaciens : en cette période compliquée, pensez à prendre du temps pour vous !


Les eJades sont des ateliers en ligne dédiés à la prévention dans le domaine de la santé.

Au total ce sont plus de 30 thématiques qui vous sont proposées, parmi lesquelles :

  • La gestion du stress,
  • Sommeil,
  • Hypnose et méditation,
  • Management et leadership.

Autre bonne nouvelle, la participation à ces ateliers est entièrement gratuite.

Si vous avez raté les thématiques de janvier, il est encore temps de vous rattraper !

Pour vous inscrire, rien de plus simple : rendez-vous directement sur le site de l’association SPS et choisissez l’atelier auquel vous souhaitez participer.

La souffrance au travail en temps de crise sanitaire


Quels sont les effets de la pandémie sur les risques psychosociaux à l’hôpital ? Premiers éléments de réponse avec Dr. Ségolène Arzalier-Daret, anesthésiste-réanimatrice spécialiste du sujet, coadministratrice de l’Observatoire de la Souffrance au Travail (OSAT).


À quoi sert l’Observatoire ?

Il a été fondé en 2009 et dépend, depuis 2017, de l’intersyndicale Action Praticiens Hôpital (APH). C’est une plateforme permettant de déclarer sa souffrance au travail à partir d’un questionnaire en ligne.

Les déclarants ont la possibilité de se faire rappeler par nos observateurs-praticiens. Cela permet d’abord de les écouter et, éventuellement, d’entreprendre des actions auprès des établissements concernés. L’OSAT est une sorte de « lanceur d’alerte » qui dresse également une photographie des problèmes à travers son bilan annuel.

Que nous apprend la crise sanitaire sur la souffrance au travail ?

Avant l’épidémie, les cas de harcèlement étaient très présents, ainsi que l’émergence inquiétante des « idées suicidaires ». Celles-ci représentant un quart des déclarations en 2019. Il est trop tôt pour faire le bilan de la crise sanitaire – qui est loin d’être terminée. Cependant, nous avons pu constater, lors de la première vague, la diminution des problèmes de harcèlement.

À l’inverse, d’autres facteurs de souffrance se sont logiquement développés. La peur de la contamination, notamment pour des personnes à risque avec des comorbidités. L’insuffisance de moyens en termes d’organisation générale ou de protection individuelle. La charge émotionnelle liée à l’augmentation des patients en soins palliatifs et à l’appréhension de les voir mourir seuls, sans leur famille; l’impuissance face au nombre de décès ; et évidemment, comme toujours, la surcharge de travail !

Nous avons également observé des sentiments d’inutilité, générateurs de mal-être, de la part de praticiens. Ces derniers se retrouvaient sans activité, en raison des déprogrammations, alors que leurs collègues traversaient des situations de tension extrême. Je pense notamment aux chirurgiens. Même si beaucoup se sont mobilisés dans les faits pour venir en aide aux anesthésistes-réanimateurs, sur le plan médical (en particulier pour les mobilisations de patients en décubitus ventral) et sur un ensemble de tâches quotidiennes leur permettant de gagner du temps, au service des patients.

Enfin, il y a des effets de « stress post-traumatique », liés au contexte. Nous les connaissons bien en anesthésie-réanimation sous le vocable de « seconde victime ». (Lorsqu’un praticien est traumatisé suite à un événement indésirable survenu chez un patient). La commission SMART du SFAR a mis en place un test en ligne spécifique pour s’évaluer et éventuellement aller consulter si l’on est dans le rouge. D’après les études disponibles, on sait qu’une large majorité de médecins n’a toujours pas de médecin traitant !

Dans quel « état » les soignants ont-ils abordé la seconde vague ?

Ça va être difficile, d’autant plus que la brutalité de l’épidémie a favorisé des avancées en trompe-l’œil. Du jour au lendemain, ils ont obtenu des moyens supplémentaires qu’ils réclamaient depuis très longtemps. Sans parler de l’élan de solidarité qui s’est mis en place au printemps mais qui n’est plus aussi présent actuellement. Il y a eu cette « trêve estivale » qui a ravivé les problèmes et les mécontentements, notamment à l’issue du Ségur.

Au-delà des nombreux départs, il y a beaucoup de fatigue et de colère à l’hôpital. L’arrivée de la seconde vague et le déclenchement des Plans blancs ne risquent pas d’arranger les choses. Les soignants n’ont pas pu prendre de congés et vivent souvent très mal le fait que le nouveau confinement semble aussi beaucoup moins respecté. Cela révèle aussi toute la problématique de l’hôpital sur la souffrance au travail.

On en parle beaucoup, des choses se mettent en place sur le plan de la qualité de vie individuelle (conciergeries, crèches, salles de sport, etc.). Mais c’est également, bien souvent, l’arbre qui cache la forêt des vrais problèmes structurels. Nous savons que le burn-out est un phénomène complexe, lié à de multiples facteurs, dont la surcharge de travail, la perte d’autonomie des médecins ou la diminution constante des temps d’échange collectif. Mais c’est précisément ce que les grandes réformes sur l’hôpital et le modèle de gestion basé sur la tarification à l’acte ont accentué !

Autrement dit, c’est le système de santé dans sa globalité qu’il faudrait repenser pour lutter efficacement, de façon pérenne, contre la souffrance au travail. Une étude réalisée dans le cadre d’une thèse a repris les mêmes critères que la fameuse enquête SESMAT sur l’évaluation du burn-out à l’hôpital public. À dix ans d’intervalle, les résultats ne se sont pas améliorés, ce qui permet de s’interroger sur ce qui a été mis en place, en termes d’outils ou de politiques de santé.

Modifications des grilles des émoluments hospitaliers


Avec les négociations du Ségur de la Santé, les émoluments hospitaliers devaient être revus pour améliorer la rémunération du début de carrière. Celui-ci constitue une mesure prioritaire visant à renforcer l’attractivité de l’exercice médical à l’hôpital.


À ce jour, un décret et un arrêté sont parus :

En fonction de la durée des services accomplis, ce décret fixe la nouvelle situation des praticiens (PHU inclus) dans les échelons tels qu’ils sont modifiés.

  • Arrêté du 28 septembre 2020 modifiant l’arrêté du 15 juin 2016 relatif aux émoluments, rémunérations ou indemnités des personnels médicaux, pharmaceutiques et odontologiques exerçant leurs fonctions à temps plein ou à temps partiel dans les établissements publics de santé

Complémentaire au décret du 28/9/2020 précité, cet arrêté fixe les émoluments hospitaliers des praticiens.

En résumé :

Les praticiens hospitaliers positionnés sur les échelons 1 à 3 avant l’entrée en vigueur du décret sont reclassés sur le nouvel échelon 1 (ancien échelon 4), sans que leur ancienneté acquise ne soit reprise sur le nouvel échelon 1.

Les trois premiers échelons de carrière profitent d’une revalorisation de leurs émoluments alors que les autres échelons conservent, à ce stade, les mêmes émoluments mensuels.

Une inconnue pour le moment : la création des trois derniers échelons supplémentaires en fin de carrière.

Affaire à suivre …

Le Covid-19 reconnu automatiquement comme maladie professionnelle pour les soignants gravement atteints


Le décret concernant la reconnaissance automatique du COVID-19 comme maladie professionnelle, pour les soignants ayant développé une forme grave de la maladie, est paru au Journal officiel le 15 septembre 2020.


Cette reconnaissance permet à certaines catégories de praticiens de bénéficier d’un remboursement des soins à hauteur de 100 %. Ce dernier étant sur la base du tarif de la Sécurité sociale et des indemnités journalières.

Pour savoir qui est concerné(e) et comment effectuer votre déclaration, en cas de besoin, rendez-vous sur ce lien.

Retour d’expérience : ce qu’il faut retenir de la crise sanitaire


L’épidémie de Covid 19 a montré très clairement l’état apocalyptique de notre système de santé. Si la controverse est toujours utile en science, force est de constater qu’elle a battu des records pendant les premiers mois de la pandémie.


Tout ceci a, et c’est un euphémisme, ébranlé les certitudes et la confiance de la France en sa médecine. Non seulement des citoyens, mais malheureusement d’une grande partie des soignants, qui bien qu’applaudis tous les soirs à 20 heures, se sont sentis abandonnés et sacrifiés.

Les services de soins et les services supports ont été profondément désorganisés, du moins, au début de l’épidémie. Toutes les consultations ont été arrêtées. Les maladies chroniques ne furent plus prises en charge. Des examens de biologie médicale, les analyses virologiques ont pris le pas. Tous les autres secteurs ont tourné au ralenti. Dans les services cliniques, les acteurs de soins se sont retrouvés démunis face à la pénurie d’équipements de protection individuelle (EPI).  Masques, blouses, surblouses et gants étaient devenus des denrées rares. Mêmes les solutions hydroalcooliques ont dû être localement produites. Les services administratifs se sont retrouvés en face d’offres de produits et consommables dont de très nombreux étaient non-conformes aux normes d’usage. Il fallait des personnes ressources formées et vigilantes pour assurer des contrôles administratifs et normatifs pointus pour trier les bons produits des faux.

Face à cette situation, les services se sont organisés et ont réussi l’impossible. Non seulemente faire face, mais fortement limiter casse. De nouveaux métiers ont vu le jour. De locaux simples, voire des secteurs de blocs opératoires, ont été transformés en secteurs de soins à risque type « secteurs Covid ». Cela est l’œuvre d’une reprise en main de l’hôpital par les soignants, de la mise en place des téléconsultations et visio consultations et un repli du pouvoir administratif. Malheureusement ce pouvoir s’est depuis réveillé et a repris les rênes comme avant, ce qui peut apparaitre comme très inquiétant. Un signe de l’enracinement de la bureaucratie sanitaire dans notre pays.

Alors quelles conséquences à présent ?

Les personnels se préparent à la deuxième vague et avec plus de 13 000 nouveaux cas le 27/09/2020 et 28/09/2020 et un bond de 48% des hospitalisations et 45% des entrées en réanimation. L’inquiétude grandit avec des soignants à bout physiquement et mentalement.

Le pire est peut-être devant nous (Burn-out, dépressions, addictions, complications familiales, stress dépassé, stress chronique, stress post-traumatique, séquelles somatiques, deuils etc…). 1 500 euros de prime ne peuvent effacer une souffrance qui existait depuis longtemps et qui s’est plus qu’aggravée. Plus d’un soignant sur deux a ressenti fatigue physique, lassitude morale, anxiété, stress et troubles du sommeil.

De même, beaucoup d’étudiants ont témoigné douloureusement des situations liées à la mort des patients, à l’absence des familles, aux prises de décision dans l’urgence dans les unités Covid (infirmier.com). La relation de soin et d’aide n’a pu se réaliser dans les meilleures conditions. Mais aussi très loin de leur imaginaire.

Cependant, il n’y a pas le recul nécessaire. Cela sera-t-il sans effet délétère sur le long terme ou même le moyen en fonction de la deuxième vague. D’autant que nous l’avions déjà énoncé dans une précédente lettre de l’APPA. 50% des médecins étaient en Burn-out (voir notre article sur le burn-out) avant cette situation extraordinaire. 40% des externes, 60% des internes selon une étude européenne. Le Stress post-traumatique (PTSD) guette également.  De plus, 60% des urgentistes (57%) et plus de la moitié des jeunes médecins (52%) étaient en BO en 2019 (G . Fond JAD 2019).  Alors après le COVID ?

Les EHPAD et la psychatrie sont au bord de l’implosion

Les services de réanimation, du fait de la reprise normale de l’activité, vont rapidement atteindre leurs limites avec le tri à nouveau (9 lits/10 déjà plein en réanimation à Toulouse). Et la grippe n’est pas encore là ! N’avons-nous déjà pas une doctrine de priorisation des tests devant le coût pour la sécurité sociale ?

Tout cela est source d’effondrement. La peur d’être considérés comme incompétents et irresponsables plane. C’est très insécurisant. Espérons que cette deuxième vague ne sera pas aussi mortelle que la première ou plus. Car alors, la perte de sens du fait d’une demande croissante, de la réduction des effectifs ou d’absence de renforcement suffisant des équipes soignantes vont avoir des effets insoupçonnés, mais guère positifs ,sur le long terme.

Malgré cette première vague de Covid-19 et ce vécu des soignants à bout de souffle, les projets les plus délirants de GHT ont repris. Les personnels médicaux sont, ici, la valeur d’ajustement structurelle.

S’il nous faut à présent vivre, selon le ministre de la santé, avec le virus, ce ne sera pas simple. Le vaccin porte tous les espoirs de voir l’épidémie se terminer. Mais cela ne traitera pas les suites immédiates et à terme. Serons-nous prêts ? Pourrons-nous réagir de façon adaptée avec des messages toujours aussi contradictoires ?

Du côté de l’APPA

Quoiqu’il en soit l’APPA se tient prête à continuer à être aux côtés de ses adhérents et de leurs familles. Elle avait déjà mis en place un partenariat avec une plateforme d’écoute et de soutien pour les risques psychosociaux (voir notre article sur le SPS). Elle va dans la limite de ses possibilités penser comment vous accompagner au mieux.

Certains adhérents se sont plaints de ne pas avoir bénéficié de leur prévoyance du fait du confinement. Mais cela était exceptionnel et non prévu au contrat.  C’est en effet l’état qui devait prendre cela en charge. Raison pour laquelle tous les assureurs du marché n’ont pas pris en charge ce type d’arrêt. Le refus, bien que logique, a peut-être entamé la confiance de ces derniers en notre association. Nous ferons tout pour clarifier les questionnements des adhérents et leur répondre au mieux.

L’APPA entend, malgré cette période profondément trouble dont on ignore la date de fin et les conséquences concrètes pour notre association, conserver, voire conforter, dans la mesure du possible, ses valeurs fondatrices. (La Solidarité, la Simplicité de fonctionnement, la Sécurité pour les adhérents au travers d’une prise en charge la plus optimisée possible) pour le bien-être de nous tous. Nous vous rappelons, qu’à ce titre, l’APPA a mis en place un Fonds d’Intervention Solidaire – Covid 19. Pour en savoir plus, cliquez sur ce lien.


Rédaction par deux administrateurs de l’APPA :

Dr Crespin C. ADJIDÉ
PharmD, Microbiologiste, Préventeur Risque Infectieux,
Responsable du Laboratoire Hygiène Risque Biologique & Environnement  Centre de Biologie Humaine (CBH)

Dr Shadili Gérard
Responsable de l’addictologie adolescente à l’Institut Mutualiste Montsouris et centre Emergence Tolbiac

ASSOCIATION SPS : RESULTATS DE L’UTILISATION DE LA PLATEFORME DURANT LA PERIODE DE CONFINEMENT


Durant le confinement, l’APPA s’est rapprochée de l’association SPS afin de mettre en avant son dispositif d’aide aux professionnels de santé.


Pour rappel, l’association vient en aide aux soignants en souffrance au travail et agit en prévention pour le mieux-être.

Elle réalise également des enquêtes, met en œuvre des actions et développe des outils innovants pour améliorer la qualité de vie des professionnels en santé, prévenir et protéger leur santé, optimiser leur activité et la prise en charge des patients.

Pour découvrir l’intégralité de leurs actions, cliquez sur ce lien.

Le déconfinement ayant eu lieu, l’APPA a décidé de mettre en avant le bilan des actions que l’association SPS a entrepris depuis le début de la crise sanitaire, plus précisément le 23 mars.

Bilan de la campagne Association SPS – chiffres clés

Caractéristiques des appels :

  • 3 244 appels traités,
  • Plus de 60 appels par jour,
  • Durée moyenne de 24 minutes,
  • 1/3 des appels sont passés la nuit (16%) ou le dimanche,
  • 100% des appels concernent les répercussions de la crise sur les professionnels de santé.

Caractéristiques de la cible – qui sont les appelants ?

  • 71% sont des femmes,
  • 84% sont des salariés,
  • 70% sont issus du secteur paramédical,
  • 58% sont issus du secteur sanitaire,
  • 10% travaillent dans le secteur du médico-social,
  • 35% sont infirmières, aides-soignantes,
  • Près de 80% ont une expérience de plus de 3 ans.

Où vivent-ils ?

Les appels proviennent des zones géographiques suivantes : Île-de-France (31%), Auvergne-Rhône-Alpes (12%), Grand-Est (10%), Occitanie (8%), Nouvelle Aquitaine (6%), Provence-Alpes-Côte d’Azur (6%), Hauts-de-France (5%), Bretagne (5%), Pays de la Loire (4%) et Bourgogne-Franche-Comté (4%).

Quels sujets ont-ils abordé ?

Plus de 35% font part de leur anxiété ou angoisse,
Près de 12% ont des problèmes d’organisation de travail,
Près de 13% doivent faire face à un épuisement professionnel.

Bon à savoir

Bon à savoir :

L’association SPS a été reconnue d’intérêt général en décembre 2019 et référencée en mai 2020 par la Haute Autorité de Santé et le Ministère des Solidarités et de la Santé.

LES NOUVEAUX METIERS QUI FONT LEUR APPARITION APRES LE COVID : UNE DEUXIEME VIE POUR LES MASQUES FFP2


Au CHU d’Amiens-Picardie, l’équipe du Dr. Crespin C. Adjidé, PH Hygiéniste, microbiologiste et administrateur de l’APPA, s’est mobilisée dès le début de la crise sanitaire pour tester la fiabilité des masques offerts par les entreprises. Nombre d’entre eux étaient périmés, mais le laboratoire s’est livré à une véritable course contre la montre pour en mesurer l’efficacité.


Dès le début de la crise, le CHU d’Amiens a été confronté à la pénurie de masques FFP2, destinés aux soignants. Cette situation, très médiatisée, a conduit de nombreux acteurs économiques locaux à expédier leurs stocks à l’hôpital. « On en a reçu de partout, explique Crespin Adjidé, responsable du Laboratoire Hygiène Risques biologique & environnement au sein du Centre de Biologie Humaine (CBH).

Des TPE comme des grands groupes implantés localement, Véolia par exemple, avec des quantités très variables, jusqu’à 8 000 unités !  Une large partie, en revanche, était périmée. Mais vu le contexte et la situation, l’enjeu immédiat a été de savoir s’ils étaient quand mêmes efficaces… ». Le professeur Maxime Gignon, Président du Comité de lutte contre les infections nosocomiales au CHU, mobilise ainsi le service de biologie en vue de répondre à une problématique très concrète :

Comment apporter la preuve que les masques reçus, périmés ou non, sont protecteurs ? ».

Après des recherches informelles sur les pratiques effectuées dans d’autres pays européens (Pays-Bas, Suisse, etc.), l’équipe se réfère également à la méthodologie proposée par l’INRS* (Institut National de Recherche et de Sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles) en vue d’établir un protocole d’évaluation.

Roxane Weiss, bio-hygiéniste, en résume les premières étapes : « On regarde d’abord l’aspect des conditionnements pour vérifier qu’ils n’ont pas été détériorés par la durée du stockage. Puis on réalise un premier contrôle visuel, à plusieurs, sur des échantillons de chaque lot. Enfin, il y a une vérification des élastiques indispensables au maintien nécessaire de la protection ».

Composé de 7 personnes, l’ensemble du laboratoire est mobilisé à partir du 25 mars, en quasi-permanence, sur cette mission de crise, en interface avec le magasin de l’hôpital : « Il est chargé de faire un premier tri sur les arrivages afin de les consigner dans un fichier partagé. Ensuite, il les range, par type de masques, par date de péremption et par lots. Cela permet d’extraire facilement des échantillons. »

La première semaine d’avril, le service reçoit également un équipement dédié, offert par la société 3M, pour réaliser le test à la saccharine, conformément au process de contrôle édité par l’INRS : « C’est le test par l’odeur, explique Roxane. Une fois porté, le masque ne doit pas la laisser passer. Sinon, cela signifie qu’il n’est pas suffisamment filtrant. Donc insuffisamment protecteur… »

Les membres du laboratoire se relaient pour faire les tests, bientôt rejoints par d’autres personnels du CBH. « Pour certains échantillons, il fallait en effet s’y mettre à plusieurs pour identifier la présence d’une odeur. Ou tout simplement parce que les modèles, très variés, ne sont pas adaptés à tous les visages… Et pour les testeurs, c’était aussi le moyen de récupérer directement leur masque, à la source. Le tout dans la bonne humeur ! ». « Le laboratoire s’est ainsi transformé en véritable espace de convivialité, confirme Crespin, dans un contexte évidemment très particulier pour tout le monde ».

Le test à l’odeur est effectué à au moins deux reprises avec un délai de rigueur entre chaque opération. La dernière étape de l’évaluation consiste à mesurer le filtrage du masque, à l’aide d’un compteur de particules, dans une pièce sans traitement d’air. Une fois tous les critères validés, le laboratoire donne son feu vert sur le fichier qu’il partage avec le magasin, qui peut alors en assurer la distribution au personnel.

En trois semaines, jusqu’à la mi-avril, 37 lots ont ainsi été contrôlés, représentant au total plusieurs dizaines de milliers de masques. « Sur les 16 210 unités périmées, plus de 75 % se sont révélés conformes à l’usage, ce qui a considérablement augmenté les ressources de l’hôpital pour faire face à la pénurie. » Si la situation matérielle s’est nettement améliorée entre temps, l’expérience d’Amiens dessine un visage durable pour l’hôpital, ici comme ailleurs, avec ou sans masque ; celui des solutions collectives et de la solidarité…

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