Retour d’expérience : ce qu’il faut retenir de la crise sanitaire


L’épidémie de Covid 19 a montré très clairement l’état apocalyptique de notre système de santé. Si la controverse est toujours utile en science, force est de constater qu’elle a battu des records pendant les premiers mois de la pandémie.


Tout ceci a, et c’est un euphémisme, ébranlé les certitudes et la confiance de la France en sa médecine. Non seulement des citoyens, mais malheureusement d’une grande partie des soignants, qui bien qu’applaudis tous les soirs à 20 heures, se sont sentis abandonnés et sacrifiés.

Les services de soins et les services supports ont été profondément désorganisés, du moins, au début de l’épidémie. Toutes les consultations ont été arrêtées. Les maladies chroniques ne furent plus prises en charge. Des examens de biologie médicale, les analyses virologiques ont pris le pas. Tous les autres secteurs ont tourné au ralenti. Dans les services cliniques, les acteurs de soins se sont retrouvés démunis face à la pénurie d’équipements de protection individuelle (EPI).  Masques, blouses, surblouses et gants étaient devenus des denrées rares. Mêmes les solutions hydroalcooliques ont dû être localement produites. Les services administratifs se sont retrouvés en face d’offres de produits et consommables dont de très nombreux étaient non-conformes aux normes d’usage. Il fallait des personnes ressources formées et vigilantes pour assurer des contrôles administratifs et normatifs pointus pour trier les bons produits des faux.

Face à cette situation, les services se sont organisés et ont réussi l’impossible. Non seulemente faire face, mais fortement limiter casse. De nouveaux métiers ont vu le jour. De locaux simples, voire des secteurs de blocs opératoires, ont été transformés en secteurs de soins à risque type « secteurs Covid ». Cela est l’œuvre d’une reprise en main de l’hôpital par les soignants, de la mise en place des téléconsultations et visio consultations et un repli du pouvoir administratif. Malheureusement ce pouvoir s’est depuis réveillé et a repris les rênes comme avant, ce qui peut apparaitre comme très inquiétant. Un signe de l’enracinement de la bureaucratie sanitaire dans notre pays.

Alors quelles conséquences à présent ?

Les personnels se préparent à la deuxième vague et avec plus de 13 000 nouveaux cas le 27/09/2020 et 28/09/2020 et un bond de 48% des hospitalisations et 45% des entrées en réanimation. L’inquiétude grandit avec des soignants à bout physiquement et mentalement.

Le pire est peut-être devant nous (Burn-out, dépressions, addictions, complications familiales, stress dépassé, stress chronique, stress post-traumatique, séquelles somatiques, deuils etc…). 1 500 euros de prime ne peuvent effacer une souffrance qui existait depuis longtemps et qui s’est plus qu’aggravée. Plus d’un soignant sur deux a ressenti fatigue physique, lassitude morale, anxiété, stress et troubles du sommeil.

De même, beaucoup d’étudiants ont témoigné douloureusement des situations liées à la mort des patients, à l’absence des familles, aux prises de décision dans l’urgence dans les unités Covid (infirmier.com). La relation de soin et d’aide n’a pu se réaliser dans les meilleures conditions. Mais aussi très loin de leur imaginaire.

Cependant, il n’y a pas le recul nécessaire. Cela sera-t-il sans effet délétère sur le long terme ou même le moyen en fonction de la deuxième vague. D’autant que nous l’avions déjà énoncé dans une précédente lettre de l’APPA. 50% des médecins étaient en Burn-out (voir notre article sur le burn-out) avant cette situation extraordinaire. 40% des externes, 60% des internes selon une étude européenne. Le Stress post-traumatique (PTSD) guette également.  De plus, 60% des urgentistes (57%) et plus de la moitié des jeunes médecins (52%) étaient en BO en 2019 (G . Fond JAD 2019).  Alors après le COVID ?

Les EHPAD et la psychatrie sont au bord de l’implosion

Les services de réanimation, du fait de la reprise normale de l’activité, vont rapidement atteindre leurs limites avec le tri à nouveau (9 lits/10 déjà plein en réanimation à Toulouse). Et la grippe n’est pas encore là ! N’avons-nous déjà pas une doctrine de priorisation des tests devant le coût pour la sécurité sociale ?

Tout cela est source d’effondrement. La peur d’être considérés comme incompétents et irresponsables plane. C’est très insécurisant. Espérons que cette deuxième vague ne sera pas aussi mortelle que la première ou plus. Car alors, la perte de sens du fait d’une demande croissante, de la réduction des effectifs ou d’absence de renforcement suffisant des équipes soignantes vont avoir des effets insoupçonnés, mais guère positifs ,sur le long terme.

Malgré cette première vague de Covid-19 et ce vécu des soignants à bout de souffle, les projets les plus délirants de GHT ont repris. Les personnels médicaux sont, ici, la valeur d’ajustement structurelle.

S’il nous faut à présent vivre, selon le ministre de la santé, avec le virus, ce ne sera pas simple. Le vaccin porte tous les espoirs de voir l’épidémie se terminer. Mais cela ne traitera pas les suites immédiates et à terme. Serons-nous prêts ? Pourrons-nous réagir de façon adaptée avec des messages toujours aussi contradictoires ?

Du côté de l’APPA

Quoiqu’il en soit l’APPA se tient prête à continuer à être aux côtés de ses adhérents et de leurs familles. Elle avait déjà mis en place un partenariat avec une plateforme d’écoute et de soutien pour les risques psychosociaux (voir notre article sur le SPS). Elle va dans la limite de ses possibilités penser comment vous accompagner au mieux.

Certains adhérents se sont plaints de ne pas avoir bénéficié de leur prévoyance du fait du confinement. Mais cela était exceptionnel et non prévu au contrat.  C’est en effet l’état qui devait prendre cela en charge. Raison pour laquelle tous les assureurs du marché n’ont pas pris en charge ce type d’arrêt. Le refus, bien que logique, a peut-être entamé la confiance de ces derniers en notre association. Nous ferons tout pour clarifier les questionnements des adhérents et leur répondre au mieux.

L’APPA entend, malgré cette période profondément trouble dont on ignore la date de fin et les conséquences concrètes pour notre association, conserver, voire conforter, dans la mesure du possible, ses valeurs fondatrices. (La Solidarité, la Simplicité de fonctionnement, la Sécurité pour les adhérents au travers d’une prise en charge la plus optimisée possible) pour le bien-être de nous tous. Nous vous rappelons, qu’à ce titre, l’APPA a mis en place un Fonds d’Intervention Solidaire – Covid 19. Pour en savoir plus, cliquez sur ce lien.


Rédaction par deux administrateurs de l’APPA :

Dr Crespin C. ADJIDÉ
PharmD, Microbiologiste, Préventeur Risque Infectieux,
Responsable du Laboratoire Hygiène Risque Biologique & Environnement  Centre de Biologie Humaine (CBH)

Dr Shadili Gérard
Responsable de l’addictologie adolescente à l’Institut Mutualiste Montsouris et centre Emergence Tolbiac

Réouverture progressive des lignes téléphoniques de vos interlocuteurs Bessé Appa


Durant la crise sanitaire, les équipes Bessé APPA sont restées mobilisées et disponibles par courriel pour vous accompagner dans vos démarches.


Nous réouvrons progressivement nos lignes téléphoniques pour répondre à vos questions et effectuer avec vous les démarches concernant la vie de votre contrat APPA :

  • Obtenir le complément de salaire à la suite d’un arrêt maladie,
  • Traiter les questions concernant vos cotisations,
  • Évoquer une mutation dans un nouvel établissement hospitalier/changement de statut,
  • Envisager l’évolution/modification de votre contrat APPA,
  • Prendre en compte une modification de votre situation personnelle,
  • Enregistrer le changement de vos coordonnées bancaires pour tout prélèvement de cotisations sur compte bancaire.

Vous pouvez nous joindre au 09 69 36 37 10 (prix d’un appel local), du lundi au vendredi de 13h30 à 16h30 dans un premier temps, ou par courriel à l’adresse : gestion.appa@besse.fr en mentionnant vos coordonnées : Nom, prénom, email, n° de téléphone.

S’agissant de vos demandes relatives aux frais de santé (décompte, remboursements, prise en charge hospitalière, tiers-payant …) ou renseignements concernant le réseau des partenaires Santéclair en optique et dentaire, nous vous invitons à contacter MERCER :

Toutes nos équipes sont plus que jamais à vos côtés. Nous restons mobilisés pour maintenir une qualité de services et vous répondre dans les meilleurs délais.

Le Coronavirus expliqué par ton pédopsychiatre


La Société de l’Information Psychiatrique (SIP) a élaboré des bandes dessinées et vidéos sur le Coronavirus. Ces derniers sont a destination des enfants soignés en pédopsychiatrie ou pédiatrie dans les centres médico-psychologique (CMP, CMPP, CAMSP…) et hôpitaux.


  • Pas le Coronavirus
  • La famille Cocotte-Minute et le coronavirus
  • Le confinement

Ces supports permettent aux enfants de mieux comprendre cette épidémie et les conséquences qui en découlent.

L’APPA a souhaité relayer l’information dans cette lettre.

Vous pourrez, vous aussi, contribuer à la diffusion auprès de vos amis, de votre famille et de vos confrères.

Pour visualiser les vidéos sur YouTube, vous pouvez cliquer ici.

Pour visualiser les bandes dessinées sur le site de la SIP, vous pouvez cliquer ici.

La psychiatrie en période de crise sanitaire


Comment exercer la psychiatrie dans un contexte de confinement et de distance avec les patients ? S’il est trop tôt pour établir un bilan de la crise sur le plan psycho-pathologique, Brice Martin, praticien à Valence, nous livre ses premières expériences.


Pouvez-vous nous retracer, en quelques mots, votre itinéraire ?

’ai 39 ans. Je suis psychiatre, praticien hospitalier. J’ai travaillé pendant neuf ans à Lyon dans un service universitaire de réhabilitation. A la suite de cette expérience très enrichissante, j’ai eu envie de créer quelque chose et de m’engager davantage dans un champ spécifique : les thérapies familiales systémiques. A Valence, où je vis, l’hôpital m’a donné l’opportunité de monter une unité dédiée. Avant cela, il n’y en avait pas dans le secteur. Nous l’avons ouverte, en décembre dernier, avec quelques collègues. La structure s’appelle Métaphore.

C’est une équipe de 7 thérapeutes, psychiatres ou psychologues, tous formés à la thérapie systémique. Métaphore est donc aujourd’hui le cœur de mon activité.  J’exerce également sur le Centre médico-psychologique (CMP) du CH Drôme-Vivarais.

Vous avez participé à une unité « Covid » pouvez-vous nous en dire plus ?

En effet, pendant la période chaude de la crise, nous avons suspendu un certain nombre d’activités classiques. En effet, nous ne pouvions recevoir les personnes du fait du confinement. Je me suis proposé pour participer à une unité créée spécialement pour accueillir les personnes hospitalisées en psychiatrie avec une suspicion ou un diagnostic de coronavirus. Si la Drôme n’a pas aussi été touchée que d’autres grandes villes, elle figure tout de même dans les premiers départements, je crois, en nombre de cas. Pour l’unité en question, on l’a improvisée avec une petite équipe de somaticiens et de psychiatres. Nous l’avons ouverte quelques semaines. Elle est désormais fermée, compte tenu du recul de l’épidémie.  Cela a été une expérience très intéressante. Tant dans la créativité, que nous avons dû mobiliser pour monter rapidement cet espace que sur le contexte dans lequel se déroulaient les entretiens. En effet, cachés derrière nos blouses et nos masques, nous n’avions plus que l’essentiel, avec les patients, pour nous rencontrer : la parole et le regard.

Comment les patients ont-ils vécu le confinement ?

J’ai un regard assez limité sur ces questions. J’ai peu de recul et mes observations sont évidemment très locales et intuitives. La première chose qui m’a étonné, c’est l’effet du contexte sur la souffrance psychique. J’ai parfois eu le sentiment d’un relatif « apaisement » des patients, en particulier ceux dont j’assure le suivi au CMP. Je pense en particulier aux personnes qui ne travaillent pas et culpabilisent autour de leur sentiment de marginalité. Elles semblaient se sentir mieux, car leur mode de vie était finalement devenu une sorte de norme, partagée par tout le monde. Elles nous disaient, en substance : « je culpabilise moins de ne pas travailler, de rester chez moi », de consacrer du temps à ce que Jean Giono appelait « l’inutile ». Il y avait donc une forme de soulagement, de légitimation de leur mode d’existence. Autrement dit, il m’a semblé que ces patients ressentaient moins la pression sociale liée à leur inactivité ou à des situations d’isolement… Cela m’a quand même beaucoup surpris. Et cela pose peut-être la question du rôle de la pression sociale dans le déterminisme ou la majoration de certaines souffrances psychiques.

Il y a ensuite une autre catégorie de personnes, celles concernées par des troubles psychotiques. Certaines vivent de façon assez confinée toute l’année ; elles évoluent souvent dans une forme de le retrait, de distance par rapport aux autres. Ces patients m’ont semblé assez peu impactés par les événements sur le plan psycho-pathologique. Sûrement parce que la situation ressemble finalement à leur quotidien, marquée par un sentiment d’insécurité chronique vis-à-vis du monde extérieur.

La situation a-t-elle entraîné des changements dans la pratique et la relation aux patients ?

Oui, nous avons dû travailler un peu différemment en ayant notamment recours à la téléconsultation. C’est une démarche assez nouvelle. J’ai ressenti qu’un certain nombre de personnes semblait très touché par le fait qu’un clinicien ou soignant prenne son téléphone pour demander des nouvelles. En temps normal, on n’appelle pas nos patients pour savoir comment ils se sentent… Cette évolution assez spontanée de la pratique a été vécue de façon très positive. En particulier par les personnes psychotiques qui sont souvent très sensibles aux actes, plus qu’aux mots.

Avez-vous constaté de « nouvelles » pathologies, liées aux événements ?

Non, pas vraiment. Mais, encore une fois, nous n’avons pas beaucoup de recul. Là où la situation s’est révélée plus délétère, c’est au niveau des couples en souffrance et des familles en situation de conflit. La promiscuité imposée par le confinement a amplifié des situations de crises préexistantes. Ce dernier a donc parfois induit une accélération des problématiques au sein des couples et des familles. Même si, cliniquement parlant, ce n’est pas forcément négatif. En effet, en thérapie, certaines stratégies consistent justement à s’appuyer sur les crises pour faire évoluer la situation… Il s’agit cependant de ne pas déborder sur les ressources adaptatives des personnes.

Au niveau de l’hôpital, que retenez-vous de cette période inédite ?

Ce que je trouve formidable, aussi bien au sein du CMP qu’à Métaphore, c’est qu’on a créé plein de choses pour pouvoir continuer à fonctionner, à s’adapter, à inventer, dans un contexte où les règles et les usages habituels ont un peu vacillé.

Il faut se souvenir qu’au début de la crise, il y avait beaucoup de flou sur ce qu’il fallait faire, concrètement, dans les établissements de santé. Les équipes se sont mobilisées instantanément et ont contribué à façonner un nouveau cadre de travail, de façon très spontanée et collégiale, avec beaucoup d’entraide, de solidarité et de créativité. Au CMP, par exemple, on a réduit le nombre d’infirmiers pour les affecter à des missions spécifiques (entretiens téléphoniques, accueil etc.)

Concernant Métaphore, on ne pouvait plus accueillir les patients mais on recevait des demandes : alors, on a innové ! Nous avons notamment expérimenté des téléconsultations avec des couples, en reproduisant en quelque sorte un dispositif de glace sans tain. Concrètement, deux thérapeutes du centre interagissaient, sur Zoom, avec un couple. Les personnes étaient prévenues que d’autres collègues, qu’elles ne voyaient pas, écoutaient l’entretien. Au bout d’un moment, on faisait une pause durant laquelle nous échangions entre nous (sous la forme d’un jeu de supervision entre collègues), avant de retourner vers le couple. C’était très intéressant et assez fonctionnel. On peut parler de créativité au sens où on ne l’aurait jamais fait hors de ce contexte, sans savoir non plus ce que ça allait donner. Mais c’est un procédé qu’on va vraisemblablement réutiliser dans notre pratique « ordinaire ».

Coronavirus 2019 : lorsque SarsCov-2 fait des ravages avec sa Covid-19


Sommaire :

1. Qui suis-je ?

2. De quoi est-il accusé le Sars-Cov-2

3. A quel point le sarscov-2 est-il infectieux ou épidémiogène

4. Covid-19 de Sarscov-2 est-elle si mortelle que cela ?

5. Le contact avec ce sarscov-2 signifie-t-il à coup sûr une infection ?

6. Que sait-on du délai d’incubation et de transmission du virus à partir d’une personne infectée et/ ou malade ?

7. Quel est le rôle de l’environnement dans la dissémination des coronavirus dont sarscov-2

8. Sommes-nous capables de l’éviter ?

9. Sommes-nous obligés de respecter le confinement ou la distanciation sociale “social distancing” ?

10. Quels sont les traitements de covid-19 ?

11. On se résume ?

12. Que de fausses informations qui circulent à son sujet !


1. Qui suis-je ?

Je suis un virus, appartenant à une famille de virus portant une couronne [corona] sur mon enveloppe. Ma famille, parmi les plus nombreuses, est celle des Coronavirus (figure 1).

Le monde des Coronavirus[1]

Les coronavirus sont largement retrouvés chez l’homme et les animaux (figure 2). Dans cette famille on retrouve outre SarsCov-2, Mers-Cov, SarsCov, des coronavirus humains communs tels que HCoV-229E, HCoV-OC43, HCoV-NL63, HCoV-HKU1, responsables de rhume, de maladies respiratoires virales, gastroentérites virales, entre autres.

Prinipaux réservoirs et modes de transmission des coronavirus [2]

Pour ce qui concerne le sarscov-2, une récente étude avec séquençage métagénomique semble confirmer le lien avec le sarscov du pangolin[3] .

Tous ces virus sont facilement transmis d’une espèce animale à l’autre[4]

2. De quoi est  accusé le SraCov-2 ?

Le sarscov-2 est responsable du syndrome respiratoire aigu sévère (SARS-CoV-2) nommée covid-19 : maladie à coronavirus 2019. Cette affection est caractérisée, entre autres, par Fièvre, fatigue, maux de tête, toux et maux de gorge, courbatures, gêne respiratoire voire anosmie (perte de l’odorat) (figure 3[5]). Elle se traduit par plus de 80 % de guérison spontanée sans aucun traitement. Elle engendre des symptômes plus graves, notamment une dyspnée pour 1 malade sur 6.  Les personnes âgées et celles qui ont d’autres problèmes de santé (hypertension artérielle, problèmes cardiaques ou diabète) ont plus de risques de présenter des symptômes graves[6]

L’infection à sarscov-2 peut être aussi accompagnée de signes dermatologiques. Il s’agit des signes très variés qui peuvent aller du simple prurit à des acrosyndromes[7] et pouvant se traduire par une éruption cutanée, des pétéchies[8], un prurit simple ou  intense, rash cutané précoce ou en cours d’évolution, urticaire, dermatite, sécheresse, dyshidrose, hyperhidrose, eczéma, érythème du visage[9]. Ces signes peuvent être ceux d’autres pathologies concomitantes.

Symptomes de Covid-19

Toutefois, on peut tousser et avoir des maux de tête sans avoir covid-19 (cliquez pour voir le Tableau I : « comparaison des symptômes communs entre le rhume, le rhume des foins et du Covid-19 »[10])

Il est donc important de rester lucide en cette période du tout dans tout. Au moindre doute il faut, selon les procédures en places, fait appel à un spécialiste[11].

Surtout savoir rester calme et lucide.

3. A quel point le sarscov-2 est-il infectieux ou épidémiogène ?

Le sarscov-2 est très épidémiogène, capacité à se disséminer rapidement, comparé au sarcov-1 et au mers-cov. En effet, son R0, le taux de reproduction de base du virus, qui correspond au nombre d’individus qu’une personne porteuse va infecter pendant la durée de son infection est estimé aux alentours de 3. Autrement dit, chaque personne atteinte par sarscov-2 infecte en moyenne trois autres personnes. L’ampleur d’une épidémie est fortement liée au R0.

Le taux de reproduction de base du virus de la grippe est plus faible que celui du Covid-19. Le plus élevé est celui de la rougeole (figure 4).

Le R0 comparé de quelques infections virales connues[12]

En simplifiant au maximum l’hypothèse de propagation du Sarscov-2, on peut avec un tel R0 faire l’hypothèse que le nombre de personnes qui n’auront pas été infectées à la fin d’une épidémie est égal à 1/R0, autrement dit 30% des gens ne seraient pas touchés. Donc, 70% des personnes peuvent être infectées si aucune mesure de prévention n’est mise en place.

4. Covid-19 de Sarscov-2 est-elle si mortelle que cela ?

Certes avec Covid-19, sarscov-2 a engendré la dernière vraie pandémie du monde moderne et globalisé. Mais, en l’état, les données disponibles montrent que les pandémies au fil des siècles sont de moins en mortelles (cliquez pour voir le Tableau II : « les plus grandes pandémies de l’histoire de l’humanité »). C’est la médiatisation qui fait leur popularité et qui fait courir un risque anxiogène délétère

La vitesse de propagation des informations, les unes réelles et vérifiées et les autres, les plus nombreuses, fausses dont certaines sont fabriquées à dessein, crée un climat peu propice à une gestion paisible et raisonnée d’une épidémie, quelle qu’elle soit.

Le constat qui s’impose est qu’au fil des années et des siècles le nombre de morts attribuables aux pandémies diminue. D’ici la fin de son périple mortifère, le covid-19 ne fera certainement pas autant de victimes que la grippe espagnole (1918-1919). Pas convaincus ?

Regardez plutôt par ici : https://youtu.be/UxvR95pegZ8 (11,12 minutes, à regarder plus tard histoire de se donner le temps de la réflexion)

Si on regarde de plus près les taux de fatalité des pathologies virales émergentes de ces dernières années, on s’aperçoit que le sarcov-2 de par sa pathologie covid-19, n’est pas parmi les plus fatals (cliquez pour voir le Tableau III : « Taux de léthalité des infections virales émergentes les plus connues »[13]).

5. Le contact avec ce sarscov-2 signifie-t-il à coup sûr une infection ?

Le virus sarscov-2, et donc la maladie covid-19, se propage principalement par les gouttelettes respiratoires expulsées par les personnes qui toussent.

Les coronavirus, dont le sarscov-2, sont le plus souvent transmis par une personne infectée des façons suivantes :

  • Gouttelettes respiratoires générées lorsqu’elle tousse ou éternue;
  • Contact personnel étroit, comme un contact direct ou une poignée de main;
  • Contact avec une surface, suivi du contact par une autre personne avec la surface infectée, puis du contact de la main avec la bouche, le nez ou les yeux avant de se laver les mains.

La transmission ou la propagation de ces virus par l’eau ou les systèmes de ventilation n’est pas connue.

En effet, leur transmission par air ou aéroportée n’est pas démontrée [14];[15];[16].

Bien que la persistance dans l’aérosol soit expérimentalement rapportée en milieu clos et stable, le tambour de Golberg[17] , en pratique clinique ce sont des procédures telles que l’aspiration, l’intubation, connues pour être à risque d’aérosolisation[18] qui font courir aux soignants le risque d’une transmission du sarscov-2 comme des autres coronavirus par l’aérosol généré lors de ces procédures.  Cet aérosol fait de grosses particules n’est pas à confondre à l’aérosol constitué de fines particules, < 5µm, transmissible par l’air.

Les études menées à ce jour semblent indiquer que le virus responsable de COVID-19 est principalement transmissible par contact avec des gouttelettes respiratoires et à partir des surfaces contaminées plutôt que par voie aérienne

La maladie covid-19 peut affecter à tout âge[19]

Les enfants sont contaminés mais seraient moins susceptibles au sarscov-2[20]. Ils sont peu ou pas symptomatiques mais peuvent être vecteurs du virus.

Sont considérés comme à risque élevé de covid-19 avec des complications :

  • Personnes ayant des problèmes de santé, notamment :
  • Maladie cardiaque
  • Hypertension (pression sanguine élevée)
  • Maladie pulmonaire
  • Diabète
  • Cancer
  • Personnes dont le système immunitaire est affaibli en raison d’un problème de santé ou d’un traitement, comme la chimiothérapie
  • Personnes âgées

6. Que sait-on du délai d’incubation et de transmission du virus à partir d’une personne infectée et/ ou malade ?

À ce jour, on estime que la période d’incubation de la covid-19 dure de 1 à 14 jours, en moyenne 5 à 6 jours[21]. Ces données sont susceptibles d’évoluer.

Il est possible de contracter la COVID-19 au contact d’une personne qui a peu ou pas de signe clinique de la maladie.

Faites-vous-en une idée plus claire par ici : https://youtu.be/NQc4vo8jVwo

Ce qu’on sait aujourd’hui, c’est que sarscov-2 engendre une immunité chez les malades guéris.

7. Quel est le rôle de l’environnement dans la dissémination des coronavirus dont sarscov-2 ?

Les coronavirus sont disséminés à partir des gouttelettes puis via les mains. Ils peuvent se retrouver sur les toutes les surfaces. Ils ont la capacité de survivre, en fonction des conditions environnementales, sur de nombreuses surfaces[22] (cliquez pour voir le Tableau IV : « persistance des coronavirus sur différents types de surfaces inertes »)

Le sarscov-2 a lui été capable, en conditions expérimentales bien maîtrisées, de survive en temps médian 1 h (dans l’aérosol), 1 h (sur du cuivre), 3,5 h (sur du carton), 6 h (sur de l’acier) et 7 h (sur plastique)[23] (cliquez pour voir le Tableau V : « sur des sarscov-1 et sarscov-2 sur différentes surfaces »)
. Toutefois, ces durées de vie restent comparables à celles de sarscov-1, agent du sras (2002-2003). Malgré sa survie dans l’aérosol dans le tambour de Goldberg, sa transmission par l’air n’est pas cliniquement démontrée. C’est toujours le cas pour les autres coronavirus.

SarsCov-2 est certes très épidémiogène, mais il reste un virus très fragile[22]. Il est détruit par tout produit désinfectant contenant un biocide (éthanol, propanolol, chlorhexidine, ammonium quaternaire, etc.) (cliquez pour voir le Tableau VI : « sensibilité des coronavirus aux biocides »).

8. Sommes-nous capables de l’éviter ?

Il y a se laver les mains et se laver les mains : https://youtu.be/CuEgxKShOZ0

Ou se les frictionner mais correctement : https://youtu.be/IXiGWkMu27E

Appliquer l’hygiène respiratoire

Tousser ou éternuer dans votre coude ou dans un mouchoir

Utiliser un mouchoir à usage unique et jetez-le

Dans les établissements de santé, le port de masques d’efficacité connue est bien codifié

Mais il faut apprendre à bien mettre et enlever son masque https://vimeo.com/397008142

Lorsque le virus commence à circuler dans la population le port de masque contribue à la prévention de la dissémination de l’agent pathogène[24],[25], à condition d’utiliser un matériau de qualité connue[26] pour fabriquer le masque.

Saluer sans se serrer la main, évitez les embrassades

Éviter les rassemblements et respecter les distances de sécurité de 1 m entre individus

Respecter le confinement

Veiller à garder son proche environnement propre (nettoyage, désinfection (milieu de soins)) :

Nettoyer et désinfecter toutes les surfaces fréquemment touchées dans la maison (ex. tables, dossiers de chaises, poignées de portes/fenêtres, interrupteurs, téléphones, tablettes, écrans, télécommandes, manches, poignées diverses, bureau, toilettes, éviers)

Lors de ces opérations, prêter attention au fait que les surfaces dures, non poreuses, et les surfaces souples, poreuses, ne peuvent être entretenues de la même façon et avec les mêmes produits

Nettoyer et désinfecter les objets électroniques

Veiller à bien nettoyer son linge, ses vêtements ainsi que tous les articles de maison destinés à être lavé.

9. Sommes-nous obligés de respecter le confinement ou la distanciation sociale “social distancing” ?

Oui, sinon, avec une rapidité effrayante sarcov-2 entrainerait en 30 jours plus de 600 autres personnes dans les méandres de covid-19 et ce, à partir d’une seule infectée au départ (figure 5[27] )

Nombre de personnes contaminées en 30 jours, à partir d’une seule, estimé avec le R0 du sarscov-2 (covid-19) et en fonction de la rigueur des actions de prévention mises en place.

10. Quels sont les traitements de covid-19 ?

Nous verrons cela au prochain chapitre. Dès qu’il y en a un vous serez les premiers informés. Les essais cliniques foisonnement partout dans le monde.

11. On se résume ?

https://www.youtube.com/watch?v=kcVIzIkHBnI
https://www.who.int/fr/emergencies/diseases/novel-coronavirus-2019/advice-for-public/q-a-coronaviruses

12. Que de fausses informations qui circulent à son sujet !

À la recherche d’informations complémentaires, ne visitez que les sites officiels ou exposant des données scientifiques :

Rédaction :

Dr Crespin C. ADJIDÉ
PharmD, Microbiologiste, Préventeur Risque Infectieux,
Praticien hospitalier, Hygiéniste
Responsable du Laboratoire Hygiène Risque Biologique & Environnement  Centre de Biologie Humaine (CBH)
Pôle Biologie et Pharmacie, CHU Amiens-Picardie (France)
1, Rond-Point du Pr Christian CABROL  80054 AMIENS CEDEX 1
Correspondant local et Administrateur APPA


[1] Ashour, H.M.; Elkhatib, W.F.; Rahman, M.M.; Elshabrawy, H.A. Insights into the Recent 2019 Novel Coronavirus (SARS-CoV-2) in Light of Past Human Coronavirus Outbreaks. Pathogens 20209, 186; doi:10.3390/pathogens9030186

[2] Muhammad Adnan Shereen, Suliman Khan, Abeer Kazmi, Nadia Bashir, Rabeea Siddique. COVID-19 infection: Origin, transmission, and characteristics of human coronaviruses, Journal of Advanced Research, Volume 24, 2020, Pages 91-98, doi.org/10.1016/j.jare.2020.03.005.

[3] Lam, T.T., Shum, M.H., Zhu, H. et al. Identifying SARS-CoV-2 related coronaviruses in Malayan pangolins. Nature (2020). https://doi.org/10.1038/s41586-020-2169-0

[4] Ashour, H.M.; Elkhatib, W.F.; Rahman, M.M.; Elshabrawy, H.A. Insights into the Recent 2019 Novel Coronavirus (SARS-CoV-2) in Light of Past Human Coronavirus Outbreaks. Pathogens 20209, 186; doi:10.3390/pathogens9030186

[5] Muhammad Adnan Shereen, Suliman Khan, Abeer Kazmi, Nadia Bashir, Rabeea Siddique. COVID-19 infection: Origin, transmission, and characteristics of human coronaviruses. Journal of Advanced Research, Volume 24, 2020, Pages 91-98, doi.org/10.1016/j.jare.2020.03.005.

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[7] https://www.vidal.fr/actualites/24686/des_signes_cutanes_tres_varies_sont_associes_a_l_infection_covid_19/

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[10] https://www.ecdc.europa.eu/en/novel-coronavirus-china/questions-answers

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[24] Using face masks in the community – Reducing COVID-19 transmission from potentially asymptomatic or pre-symptomatic people through the use of face masks

https://www.ecdc.europa.eu/en/publications-data/using-face-masks-community-reducing-covid-19-transmission

[25] https://www.entreprises.gouv.fr/files/files/home/Masques_reservees_a_des_usages_non_sanitaires.pd

[26] Masques en tissu ou en non-tissé, efficacité du matériau : https://www.ifth.org/2020/03/25/covid-19-publication-de-la-base-de-donnees-avec-caracterisation-matiere-pour-la-realisation-de-masques-de-protection/

[27] Robert A.J. Signer, ; http://social-distancing.com/

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