Auteur/autrice : Celia Fernandes
L’APPA et son partenaire Bessé ont organisé un webinaire le 6 mars 2025 dédié aux enjeux de la protection sociale des praticiens hospitaliers et à la présentation des solutions adaptées proposées par les contrats APPA.

Coup de Blouse
Créée à l’initiative de l’APPA, Coup de Blouse propose des témoignages, des outils et des contacts utiles pour aider les internes et les praticiens, ainsi que leurs proches, à prévenir une situation à risque de souffrance au travail. Plusieurs ressources concernent les conflits à l’hôpital et les moyens existants pour les résoudre.
Pour en savoir plus, cliquez ici.
Revivez notre webinaire sur les enjeux de la protection sociale des praticiens hospitaliers !
Au programme de ce webinaire : risques, solutions, prévention, réponses aux questions… Des sujets essentiels pour les praticiens hospitaliers, abordés par nos experts en prévoyance.
Les intervenants :
- Michaël FERREIRA-DIAS, Expert en protection sociale chez Bessé
- Christophe VÉRILLAUD, Responsable affinitaire chez Bessé
Vous pouvez désormais découvrir ou redécouvrir le replay de ce webinaire, avec la présentation des risques psychosociaux, la plateforme « Coup de blouse » et une session de questions/ réponses pour approfondir le sujet.
Rédactrice : Célia Fernandes, Assistante Marketing chez Bessé.
Auteur/autrice : Celia Fernandes
A partir du 1er avril 2025, l’Assurance Maladie renforce le programme M’T dents pour améliorer la prévention bucco-dentaire, suivant les recommandations de la Haute Autorité de santé. Ce programme devient annuel pour les jeunes de 3 à 24 ans, qui bénéficieront chaque année d’un examen de prévention et des soins nécessaires. L’Assurance Maladie prend en charge 100% des frais, sans avance de frais.

A savoir :
Les soins d’orthodontie ne sont pas couverts, mais si des soins dentaires sont nécessaires dans les 6 mois suivant le rendez-vous, l’Assurance Maladie prend en charge 60% et la complémentaire santé le reste. Un examen bucco-dentaire est aussi proposé aux femmes enceintes, du 4e mois de grossesse jusqu’à 6 mois après l’accouchement
Une prévention dentaire annuelle pour les jeunes jusqu’à 24 ans
Tous les ans, à l’occasion de l’anniversaire de l’enfant, les parents ou le jeune majeur reçoivent une invitation par mail pour un rendez-vous gratuit chez le dentiste de leur choix. À l’âge de 3, 6, 12 et 18 ans, un courrier postal sera envoyé.
Le rendez-vous peut être effectué durant 1 an à compter de la date anniversaire.
Documents à apporter :
- La carte Vitale du bénéficiaire
- Le carnet de santé
- La carte de complémentaire santé, si applicable
Le formulaire de prise en charge a été supprimé.
En quoi consiste la consultation M’T dents ?
L’examen comprend obligatoirement :
- La détection de facteurs de risques (succion du pouce, tabagisme, consommation de sucre…)
- Un examen bucco-dentaire complet
- Des conseils sur l’hygiène dentaire (comme le brossage)
- Si nécessaire, un programme de soins dans les mois suivant l’examen
Auteur/autrice : Celia Fernandes
Une nouvelle campagne de vaccination contre la Covid-19 commencera au printemps 2025 pour protéger les personnes âgées et vulnérables, selon la Haute Autorité de santé (HAS). Elle vise les personnes à risques de formes graves de la Covid-19, surtout avant l’été, lorsque le virus a circulé ces dernières années.

A savoir :
Pour plus d’informations sur la dose annuelle de vaccin contre la Covid-19, consultez la fiche sur Service-Public.fr : “Vaccin contre la Covid-19 : quelles sont les règles ? “
Les personnes concernées par cette campagne sont :
- Les personnes âgées de 80 ans et plus
- Les personnes immunodéprimées, quel que soit leur âge
- Les résidents en Ehpad (Établissements d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes) ou en USLD (Unités de Soins de Longue Durée), peu importe leur âge.
- Les personnes considérées à très haut risque sur la base de leur situation médicale spécifique, après une décision partagée avec leur équipe soignante
La campagne de vaccination se déroule du 14 avril au 15 juin 2025, avec une possible prolongation jusqu’au 15 juillet 2025 selon la situation épidémiologique.
Le renouvellement vaccinal pourra se faire 3 mois après la dernière injection ou infection à la Covid-19.
Les résidents d’Ehpad et d’USLD recevront le vaccin sur place. Les autres pourront se faire vacciner par leur médecin, pharmacien, infirmier, sage-femme ou dans les services hospitaliers.
Auteur/autrice : Celia Fernandes
Nous avons le plaisir de vous présenter le parcours de Dr Delphine Bourin, pharmacienne hospitalière engagée, qui vient de rejoindre le Conseil d’administration de l’APPA.

« Je suis adhérente à l’APPA depuis le début de ma carrière, ce qui m’a permis de mesurer l’aide apportée par l’Association, de façon très concrète, à certains confrères. L’intérêt de l’APPA pour la santé des praticiens hospitaliers, dans le cadre d’un projet associatif basé sur l’entraide et la solidarité, font écho avec mes valeurs et mes différents engagements professionnels.”
Dr Delphine Bourin
Présentation de son parcours :
Après ses études de pharmacie à Montpellier, Delphine Bourin fait son internat à Paris où elle reste pour exercer un poste d’assistante spécialiste à l’hôpital Saint-Louis, puis de pharmacien au sein de l’Institut Gustave Roussy, à Villejuif.
En 1997, à 30 ans, elle intègre le Centre Hospitalier de Montfermeil et se spécialise dans le domaine des dispositifs médicaux. C’est un virage ou plus exactement un moteur, alimenté avec passion, pour la suite de sa carrière qui lui permet également de retrouver sa région d’origine, cinq ans plus tard, à la faveur d’une mutation. En 2002, la jeune femme devient ainsi responsable du secteur des dispositifs médicaux stériles et implantables au sein de la PUI du CHU de Nîmes.
Au-delà de son activité de praticien, Dr Delphine Bourin s’est toujours impliquée dans la vie professionnelle et associative à l’hôpital (enseignement, encadrements d’internes, etc.), mais aussi au service de sa spécialité. Depuis 2010, elle est membre de la commission technique d’Euro-Pharmat, la Société Pharmaceutique Française des Dispositifs Médicaux. En 2012, elle devient également déléguée régionale du syndicat regroupant les pharmaciens des hôpitaux (SYNPREFH), avant d’intégrer le Conseil d’Administration national depuis 2023.
Auteur/autrice : Celia Fernandes

« Il n’y a rien de plus ridicule d’un médecin qui ne meurt pas de vieillesse » Voltaire
A noter :
La campagne DIS DOC T’AS TON DOC ? doit continuer à sensibiliser tous les médecins.
L’APPA s’y associe pleinement tout comme elle l’avait déjà fait en 2017 et elle incite tous ses adhérents à choisir un médecin traitant pour :
PRENDRE SOIN DE CEUX QUI NOUS SOIGNENT
DIS DOC, T’AS TON DOC ?
La SFAR (Société Française d’Anesthésie Réanimation) relance la campagne pour changer le modèle culturel des médecins, en incitant les partenaires à reprendre cette campagne qui avait démarré en 2017.
Cette dernière, initiée par notre ami et collègue le Dr Max DOPPIA au sein du CFAR (collège Français des Anesthésistes Réanimateurs) a pour but de supprimer la pratique de l’automédication et de l’autodiagnostic. « prendre soin de ceux qui soignent ».
L’objectif pour 2027 : un suivi médical pour 100% des médecins.
Le constat : 80% des médecins n’ont pas de médecin traitant, 68% déclarent avoir renoncé à s’arrêter, 30 à 45% des personnels médicaux seraient en burn-out. L’autoprescription et l’autodiagnostic sont très souvent sources de retard de prise en charge et il est difficile d’en connaître les limites. L’image du médecin « surhomme » reste prévalente.
Il faut faire prendre conscience aux médecins qu’ils méritent de bénéficier du système qu’ils souhaitent pour leurs propres patients. Mais quand on prend en charge un confrère, cela nécessite une approche différente car ce n’est pas un patient « lambda » car il sait !
Cette campagne simple par son libellé est devenue internationale, appréciée et soutenue à l’étranger, au Canada (PAMQ Programme d’aide aux médecins du Québec ), au Catalogue, en Suisse… Elle s’intègre pleinement dans la Qualité de Vie au Travail (QVT). Elle a été relayée et soutenue en France par les autorités et acteurs institutionnels :
- Ministère des Affaires Sociales et de la Santé
- Centre National de Gestion
- Agence Nationale du Développement Professionnel Continu DPC
- Haute Autorité de Santé HAS qui a intégré la QVT dans une des dimensions de la Certifications
- Les ARS
Des publications et de nombreuses thèses relatent la pratique de l’automédication des médecins et le manque de suivi de leur propre santé. Cependant on remarque quelques évolutions ces dernières années, comme une association qui s’est organisée pour prendre en charge la santé des soignants et à créer une consultation dédiée aux médecins du département du Gard.
- 68% des médecins libéraux des Hauts de France sont favorables à la création d’une structure type médecin du travail.
- Les plus jeunes sont plus aptes à prendre un médecin traitant, les femmes et les internes aussi.
- Ces médecins appliquent à eux-mêmes les recommandations de l’HAS.
Des pistes pour l’amélioration peuvent être envisagées :
- Que la médecine du travail soit plus active à la fois pour les salariés mais qu’elle puisse exister pour les libéraux.
- Encourager les étudiants à se faire suivre par un médecin traitant, les sensibiliser sur leur propre suivi de santé mentale et psychologique dès le début des études médicales.
- Envisager un DPC sur le thème « prendre soin de soi »
- Que les assureurs des risques professionnels puissent peut-être avoir un rôle de formation et d’aide.
L’objectif de 2027 sera-t-il atteint ? Les pratiques d’autodiagnostic et d’automédication seront-elles un jour en voie de disparition ?
Rédactrice : Danièle GOUMARD, Trésorière adjointe de l’APPA.
Auteur/autrice : Celia Fernandes
En tant qu’adhérent aux contrats APPA, votre attestation de déductibilité des cotisations 2024 au titre du dispositif « Madelin » vous sera adressée sur la 2ème quinzaine de mars.

Vous avez des questions complémentaires ?
N’hésitez pas à prendre contact par téléphone au 09 69 36 37 10 ou par mail : gestion.appa@besse.fr.
Pensez à réévaluer vos garanties de votre contrat prévoyance pour une protection toujours optimale !
Les affaires professionnelles évoluent au fil du temps, il est important de bien penser à adapter vos garanties prévoyance en conséquence.
Les montants versés en cas d’arrêt de travail ou de décès ont été initialement définis avec votre conseiller BESSE lors de la souscription de votre contrat, en fonction de vos revenus professionnels et de votre situation personnelle du moment.
- Mais votre contrat est-il toujours adapté à vos revenus actuels ou à ceux de demain ?
- Vos besoins pour accompagner vos proches en cas de décès ont-ils évolué ?
Les contrats de l’APPA sont entièrement modulables et les garanties peuvent être complétées au fil du temps (mise en place d’une rente de conjoint, ou de rentes éducations, réévaluation des capitaux versés en cas de décès par exemple).
Concernant l’arrêt de travail et l’invalidité, en cas d’arrêt de travail, vous serez en effet indemnisé sur la base de vos revenus déclarés fiscalement, mais limité au niveau de garantie souscrit, ce qui peut générer une perte de revenus importante sans veiller à réévaluer régulièrement vos garanties.
Les contrats APPA permettent également de choisir un niveau de franchise allant de 7 à 90 jours, afin de limiter au maximum la perte de revenus en cas d’arrêt de travail.
En tant que médecin en profession libérale, les contrats APPA permettent également de bénéficier du dispositif Madelin et, à ce titre, de la déductibilité des cotisations versées au titre de vos contrats prévoyance et santé, selon la réglementation en vigueur.
Afin de vous assurer de votre bon niveau de couverture et le cas échéant apporter les évolutions nécessaires, votre conseiller BESSE, expert en protection sociale et spécialiste des contrats APPA peut vous guider et vous accompagner.
Auteur/autrice : Celia Fernandes

Restez protégés !
Nous mettons tout en œuvre pour identifier et stopper ces démarches frauduleuses, et nous continuons à œuvrer pour vous garantir un service optimal.
Le démarchage frauduleux : comprendre les risques
L’APPA a récemment été informée de tentatives de démarchage frauduleux par téléphone visant certains de nos adhérents retraités. Les personnes mal intentionnées se présentent par téléphone sous le nom de » Mercer APPA » dans le but de vous induire en erreur.
Sachez que ni l’APPA, ni MERCER ne sont à l’origine de ces appels. Il s’agit d’une tentative de fraude. Nous vous recommandons de faire preuve de la plus grande vigilance si vous recevez de tels appels et à ne pas fournir d’informations personnelles, bancaires ou confidentielles.
Que faire en cas d’appel suspect ?
- Ne répondez pas aux questions des appelants et ne divulguez aucune donnée.
- Si vous avez déjà été contacté, nous vous encourageons à nous informer immédiatement.
- Pour toute question ou en cas de doute, contactez votre conseiller Bessé au 09 69 36 37 10 ou par mail à l’adresse suivante : gestion.appa@besse.fr.
Auteur/autrice : Celia Fernandes
Dans le cadre de notre démarche d’amélioration continue, nous avons mené une enquête de satisfaction auprès des assurés au contrat santé de l’APPA pour mieux comprendre leurs attentes. Pour rappel, le gestionnaire d’assurance en charge des contrats santé de l’APPA est Mercer. Voici les résultats de l’enquête, ainsi que les actions à envisager pour améliorer nos services.

Une rencontre a eu lieu début février en présence des responsables Mercer et Bessé ainsi que du président de l’APPA. Ce riche échange appuyé par l’enquête de satisfaction ainsi que par les retours des adhérents, a permis de définir plusieurs actions d’amélioration des services Mercer.
En résumé :
De manière générale, 78% sont satisfaits de Mercer et ont donné une note de plus de 8 sur 10. Des actions sont prévues pour améliorer la qualité des services aux adhérents.
La majorité des adhérents ayant répondu à l’enquête étant des retraités, celle-ci n’a pas pu approfondir l’ensemble des besoins des adhérents actifs.
La typologie des répondants :
Les répondants sont principalement âgés de 65 ans et plus (65%), suivis de ceux entre 50 et 64 ans (25%) et entre 35 et 49 ans (9%). Parmi eux, il y a 296 hommes et 216 femmes. En termes de statut, 59% sont retraités et 31% travaillent dans le secteur hospitalier. Concernant la répartition géographique, 23% vivent en région Ile de France, 13% en Nouvelle-Aquitaine, 13% en Auvergne-Rhône-Alpes et 9% en Grand Est.
La satisfaction des répondants :
Globalement, 33% sont très satisfaits, 45% sont satisfaits, 16% sont insatisfaits et 4% sont très insatisfaits.

Les principaux problèmes soulevés :
Les répondants insatisfaits signalent principalement les problèmes suivants :
- Difficulté à utiliser l’espace adhérent
- Des problèmes pour récupérer la carte Tiers-Payant
- L’augmentation des tarifs
- Des problématiques dans les remboursements
- Des réponses inadaptées
Les principaux points forts soulignés :
Les répondants apprécient particulièrement :
- La rapidité du traitement des demandes
- Le niveau des garanties offertes
- La facilité pour joindre Mercer par téléphone (90% sont satisfaits des échanges téléphoniques et de l’aide fournie par les gestionnaires).
L’espace adhérent :
L’espace adhérent n’est pas bien apprécié par ceux qui ne sont pas satisfaits. Ils trouvent qu’il est difficile à utiliser surtout sur mobile et qu’il manque de lisibilité. 73% l’utilisent au moins une fois par mois mais 13% ne l’utilisent jamais.
Les communications :
Une majorité (66%) estime que les communications de Mercer sont claires, tandis que 18% les trouvent peu compréhensibles.
Les attentes :
Les répondants aimeraient :
- Des remboursements plus élevés pour l’optique et la médecine alternative
- L’amélioration des garanties
- Des cotisations moins chères
- Une carte de Tiers Payant au format papier
- Plus de choix dans les réseaux de soins
Auteur/autrice : Celia Fernandes
Originaire du Finistère, « au bout du bout de la Bretagne », Killian L’helgouarc’h à la ténacité de ses origines qu’il met aujourd’hui au service de l’InterSyndicale Nationale des Internes (ISNI) dont il assure la présidence depuis septembre dernier, en parallèle de la fin de son internat à Béziers. Logement, temps de travail, santé mentale : c’est le programme de son mandat qu’il exprime d’une voix aussi tranquille qu’assurée afin d’améliorer les conditions de travail et de vie des internes…


Quelques chiffres issus de l’Enquête nationale santé mentale (ISNI, ISNAR-IMG et ANEMF, 2024), sur 8 307 réponses en ligne (internes & externes) :
- 52% des répondants souffrent de symptômes anxieux et 66 % se sentent en état de burn-out.
- 21 % ont affirmé avoir eu des pensées suicidaires pendant l’année ; 19% ont déclaré consommer ou avoir déjà consommé des « anxiolytiques ».
- 24 % ont des symptômes de troubles du comportement alimentaire et 16 % ont exprimé avoir une consommation excessive d’alcool.
- 14% des répondants ont affirmé avoir subi « des humiliations répétées » au cours de leur cursus.
- 26% des internes, 19% des externes et 8% des étudiants de préclinique ont été victimes de propos ou attitudes à caractère sexuel les mettant mal à l’aise ; plus de 500 agressions sexuelles ont été rapportées dans le cadre de l’enquête.
- 10% des répondants déclarent penser quotidiennement à arrêter la médecine.
Pour en savoir plus : isni.fr
Pouvez-vous nous raconter votre parcours en médecine et votre engagement syndical ?
J’ai fait mon externat à Brest et je suis à présent interne, en médecine générale à la faculté de Montpellier Nîmes. Je me suis toujours engagé dans le cadre de mes études, dès le collège où j’étais délégué de classe et jusqu’à la fac de médecine. Cela a commencé avec le Tutorat à Brest car c’était important pour moi de redonner d’une certaine manière le temps et l’accompagnement dont j’ai bénéficié à l’entrée à l’université. A Brest, le tutorat en médecine, c’est une vraie « institution » : tout le monde le fait et le dispositif est entièrement géré par les étudiants avec juste un appui pour l’administratif. Je suis donc devenu tuteur dès la deuxième année et je me suis lancé, dès l’année suivante, dans la gestion du tutorat en lui-même. Ça a été une expérience extrêmement enrichissante. On a fait avancer les choses pour les premières années. On a mis en place un service de cours gratuits et une plateforme pour les QCM afin que tous les étudiants puissent s’entraîner sans passer par une prépa privée. Du haut de mes vingt ans, à l’époque, c’était une belle première expérience de management et de gestion des problèmes au quotidien. A la suite, j’ai pris des engagements au niveau national, comme trésorier de l’ANEMF (Association Nationale des Étudiants en Médecine de France) et au sein du Conseil d’Administration de mon Université. Quand je suis parti à Montpellier pour mon internat, j’ai tout de suite rencontré le syndicat local dans lequel j’ai pris des responsabilités, jusqu’à en exercer la Présidence. J’ai alors décidé de candidater à la tête de l’ISNI et j’ai été élu, avant l’été.
Comment voyez-vous ce nouveau rôle et quels sont vos chantiers prioritaires ?
A l’ISNI, on a un mandat très court (un an) alors que nos interlocuteurs restent plus longtemps à l’exception, ces temps ci, des ministres ! Cela implique, de façon générale, d’inscrire son action dans une certaine continuité en poursuivant le travail sur des dossiers de fonds qui se construisent dans la durée. Ce n’est pas la première fois que l’ISNI choisit un interne en médecine générale, mais c’est un très bon signal dans le contexte de la réforme de la quatrième année d’études de Médecine générale.
Par ailleurs, l’ISNI se mobilise également fortement sur la question du logement des internes. Certains internats sont vraiment en état d’insalubrité, comme celui de Clermont-Ferrand qui est dans une situation catastrophique : dégâts des eaux, prises électriques hors normes, présence de nuisibles, etc. Certains étages sont même condamnés car ils ne sont plus habitables.
« Au-delà des cas extrêmes, le logement des internes est un enjeu d’attractivité globale pour les carrières médicales et pour les territoires ».
Il est primordial de pouvoir bien accueillir les internes, sur leur lieu de stage, afin qu’ils aient de bonnes conditions de vie et de travail. Un bon cadre de vie pourra aussi leur donner envie de revenir sur tel ou tel territoire, en tant que remplaçant, voire de s’y installer… C’est donc un véritable enjeu au-delà de la nécessité d’offrir à minima un logement décent à chacun !
Parmi les autres préoccupations majeures de l’ISNI, il y a bien sûr le sujet de la santé mentale des internes. Il y a quelques semaines, nous avons publié les résultats de notre nouvelle enquête nationale, en partenariat avec l’ANEMF et ISNAR-IMG, qui montre que la situation ne s’améliore pas, alors que nous sommes sortis de la crise sanitaire. Nous allons donc mettre les bouchées doubles sur ce sujet, en travaillant notamment sur les enjeux de la prévention, dès le début des études et même avant. Il paraît nécessaire d’ancrer cet enjeu de prévention dans tout le processus de formation afin de mieux détecter les premiers signes de détresse psychologique.
« On vit toujours avec cette idée que les médecins ne sont jamais malades, alors que c’est justement une population sujette aux risques de souffrance, de dépression voire d’idées suicidaires. Il faut la combattre et faire de la prévention, à tous les étages… »
Quels sont les grands enseignements de cette étude ?
La chronologie de l’étude est d’abord importante pour voir comment les choses ont évolué, trois ans après la précédente édition, réalisée en pleine pandémie. On aurait pu penser que la situation se serait améliorée depuis, mais cela n’est pas le cas, même si elle ne semble pas s’aggraver pour autant. Quoi qu’il en soit, on constate autant de syndromes anxieux en 2024 par rapport à 2021, ce qui n’est pas forcément étonnant quand on voit le nombre de réformes systémiques qui s’enchaînent, souvent dans la précipitation, et créent de l’incertitude voire de l’angoisse pour les étudiants.
« L’autre donnée qui m’interpelle, c’est la forte proportion d’étudiants ou d’internes qui a déjà envisagé d’arrêter : seulement 3 répondants sur 10 déclarent n’y avoir jamais pensé ! Tout le monde sait que la formation en médecine est très difficile, mais pas au point de se demander si on est en capacité de poursuivre, alors qu’on a un cruel besoin de médecins sur l’ensemble du territoire ! «
C’est un vrai souci qu’il faut absolument appréhender pour ne pas risquer d’en perdre davantage car, en cas d’abandon, tout le monde est perdant…
Quelles sont les solutions proposées par l’ISNI ?
La question de la santé mentale est très large car elle recouvre de nombreux domaines, souvent interdépendants. Pour faire le lien avec le logement, par exemple, une situation d’inconfort voire d’insalubrité risque d’accentuer une fragilité lorsqu’on rentre de 12 heures de travail mais qu’on ne peut pas se reposer convenablement en raison d’un dégât des eaux qui nécessite de faire des démarches plutôt que de dormir ! Le temps de travail des internes est aussi un facteur aggravant et un combat, sans relâche, de l’ISNI. Nous sommes en procès contre tous les CHU de France et en médiation avec un tiers d’entre eux pour essayer de trouver une solution permettant de décompter véritablement le temps de travail. Cet enjeu de décompte est une question épineuse avec les hôpitaux car c’est une nouvelle philosophie et un nouveau paradigme à prendre en compte dans l’organisation du travail. Elle pose pas mal de questions sur la continuité des soins et le suivi des patients lorsque les internes sont absents. Cela étant, ce décompte est indispensable si on veut pouvoir respecter le temps de travail hebdomadaire maximal de 48 heures, qui est déjà largement au-dessus de la durée légale en France. Il faut réussir à évaluer ce temps précisément pour essayer de comprendre pourquoi il est dépassé et trouver les solutions adéquates, le cas échéant, pour le diminuer. On sait par ailleurs que cela est possible : il y a des services ou des établissements qui respectent le temps de travail ainsi que les deux demi-journées hebdomadaires de formation prévues pour les internes dans le cadre de leur cursus.
Concrètement, à côté des actions judiciaires et des démarches de médiation autour du décompte, l’ISNI réalise un recensement des services qui respectent le temps de travail des internes et leur permet de continuer à se former dans de bonnes conditions. Il sera publié dans le courant de l’année avec l’objectif d’identifier les leviers, comme les freins à surmonter, pour y arriver, même dans les services où le temps est plus compliqué à gérer, comme en chirurgie.
Pour finir sur la santé mentale, l’enjeu collectif consiste également à lever l’omerta sur le sujet et sur la souffrance à l’hôpital, mais j’ai l’impression qu’on commence à en prendre le chemin.
« Il faut poursuivre dans cette voie, continuer à expliquer que la fragilité psychologique peut aussi faire partie de l’exercice de la médecine et que les internes, comme les praticiens, ne sont pas invincibles, loin de là ».
Il faut faire de la prévention, les sensibiliser sur leur propre suivi médical et faire de la pédagogie, à tous les niveaux. On cherche par exemple à trouver des moyens pour que les cheffes de services, qui encadrent les internes, soient mieux formés sur l’ensemble des facteurs de risques (temps de travail, harcèlement, violences sexistes ou sexuelles, etc.). En tant que responsables d’internes et de services tout entier, l’enjeu est qu’ils puissent détecter les problèmes en amont, plus facilement et plus rapidement, avant d’en arriver à des situations irréparables…
Parmi les préconisations de l’ISNI, il y a le développement des « échanges entre pairs, sur le modèle de l’internat de médecine générale. » En quoi cela consiste ?
Ce dispositif a effectivement été mis en place en médecine générale pour organiser des réunions régulières entre les internes, supervisées par un maître de stage universitaire. L’idée, c’est que chaque interne puisse se livrer davantage sur une situation qui lui a posé problème au cours de sa formation. La démarche a plusieurs avantages : pour l’interne concerné, elle peut avoir un effet cathartique en revenant sur un épisode personnel difficile ; et au contact des autres, elle permet d’échanger et de se donner des conseils, tout en montrant qu’on n’est pas seuls face à une situation que les collègues ont surement déjà rencontré… Ces échanges permettent donc de communiquer sur les pratiques cliniques, mais aussi sur la gestion en tant que telle d’un problème.
« Pour moi, la prévention en santé mentale, c’est aussi et souvent une affaire de communication, lorsqu’un interne, par exemple, n’a pas voulu ou n’a pas pu exprimer une difficulté auprès de ses supérieurs. A la place, il peut penser qu’il n’est pas bon, voire douter de ses propres capacités au travail, alors que le problème aurait pu être désamorcé rapidement, simplement en débriefant et en le rassurant si besoin.«
Donc, oui, je pense que c’est un bon système de favoriser les échanges entre les internes et de développer ce type de démarches. C’est important de rappeler qu’un interne peut se tromper et que c’est même tout à fait logique : nous sommes des professionnels en formation, nous sommes là pour apprendre, mais ce message est encore plus efficace quand on peut le relayer à plusieurs et en échangeant avec ses propres collègues…
Malgré l’instabilité gouvernementale, le Ministère de la Santé est à nouveau dirigé par un praticien. Est-ce que cela vous semble positif pour faire avancer ces sujets ?
Effectivement, Dr Yannick Neuder est cardiologue au CHU de Grenoble et a toujours continué à exercer à côté de sa carrière politique. C’est toujours apprécié d’avoir un ministre médecin. On a le même logiciel, on a fait les mêmes études, donc c’est toujours plus facile d’échanger sur l’ensemble de ces sujets qu’il connaît de l’intérieur. D’ailleurs, à l’ISNI, on avait déjà eu l’occasion d’échanger avec lui avant qu’il soit nommé, notamment sur le temps de travail ou les cas de départs à l’étranger. Au-delà de son profil, j’espère surtout qu’il sera en poste le plus longtemps possible afin qu’on puisse discuter et avancer dans la durée. C’est ce qui est compliqué, actuellement : six ministres se sont succédé depuis moins de deux ans et, à chaque changement, on perd beaucoup de temps pour se rencontrer, se présenter et se replonger dans les dossiers, sans garantie de pouvoir aboutir à des avancées concrètes en raison de l’instabilité politique.
Avez-vous un message « de santé » à faire passer en direction des internes pour 2025 ?
Mon principal message serait de :
« Penser à soi-même pour bien soigner les autres.«
Il faut d’abord parvenir à trouver son propre équilibre personnel pour être bien, au quotidien, dans son travail. C’est logique et cela ne repose pas seulement sur une démarche individuelle ; au contraire on voit que le collectif est toujours très important à l’hôpital et que les jeunes générations aspirent à travailler davantage ensemble, avec les autres spécialités, mais également avec les autres professionnels de santé. C’est vraiment une volonté commune que je trouve très moderne, donc il faut s’en servir pour faire changer les choses et aller encore plus loin, en prenant à la fois en compte le bien-être individuel et la force du collectif.
Auteur/autrice : Celia Fernandes
Cette année, les administrateurs de l’APPA et les équipes de Bessé seront présentes sur 5 congrès en France pour répondre à toutes vos questions.

Sortez vos agendas et saisissez ces opportunités pour rencontrer nos administrateurs de l’APPA et nos experts en protection sociale !
- Hopipharm : à la Cité des Congrès de Nantes, du 21 au 23 mai 2025. Découvrez les dernières tendances en pharmacie hospitalière. L’APPA animera un symposium sur les risques psychosociaux et les conflits à l’hôpital en amont du congrès, le mardi 20 mai 2025 de 19h à 21h.
- SRLF – Société de Réanimation de Langue Française : au Palais des Congrès de Paris, du 11 au 13 juin 2025. Assistez au rassemblement annuel des professionnels de l’anesthésie et de la réanimation.
- SFAR – Société Française d’Anesthésie et Réanimation : au Palais des Congrès de Paris, du 17 au 19 septembre 2025. Découvrez les dernières innovations en anesthésie, en réanimation et en médecine intensive.
- SIP – SPH – Société de l’Information Psychiatrique : à Antipolis Palais des Congrès d’Antibes, du 2 au 4 octobre 2025. Venez assister aux 43èmes journées du congrès. Excitation, agitation, crise, ces thèmes seront notamment abordés lors de ce congrès. L’APPA animera également un symposium sur la crise à l’hôpital et les risques psychosociaux, le vendredi 3 octobre 2025 à 12h à l’occasion des 45 ans de l’APPA.
- CFP – Congrès Français de Psychiatrie : au palais des Festivals et des Congrès de Cannes, du 10 au 13 décembre 2025. Addictions, neurosciences, différents thèmes de la psychiatrie seront abordés au cours de cette 17ème édition du congrès dont le titre est “Lumière”.
Nous sommes impatients de participer à ces événements et espérons vous y retrouver nombreux pour des échanges enrichissants !