Catégorie : Association
Chaque année, l’APPA soutient financièrement plusieurs associations engagées dans l’amélioration de la qualité de vie des personnes confrontées à la maladie. Qu’elles interviennent auprès des enfants, des adolescents, des adultes ou de leurs proches, elles partagent une même ambition : apporter du soutien, du réconfort et de l’espoir à celles et ceux qui traversent des situations parfois difficiles. Leurs actions prennent des formes diverses, mais contribuent toutes à renforcer l’accompagnement humain et le bien-être des patients.

Pour en savoir plus sur les engagements et les partenariats de l’APPA, rendez-vous sur notre page dédiée.



Les dons de l’APPA participent au financement de leurs projets. Vous pouvez aussi les aider, à titre personnel, si vous le souhaitez.
| L’enfant @ l’hôpital est une association qui anime dans toute la France des ateliers pédagogiques et thérapeutiques auprès d’enfants et adolescents fragilisés. Hospitalisés, malades ou en situation de handicap, ces jeunes bénéficient chaque semaine de leur présence sur le terrain. Via leur appli Kolibri, et grâce à l’engagement de leurs voyageurs solidaires, l’association les aide à porter un nouveau regard sur le mot “apprendre”. Faire un don | |
| Tournesol permet d’offrir aux personnes hospitalisées ou isolées, des moments artistiques riches en émotion. Faire un don | |
| Colore mon Hôpital est une association qui a pour objectif d’améliorer le confort des patients durant leur séjour à l’hôpital de la Rochelle, tout en réduisant l’impact environnemental des soins et en promouvant le développement durable au sein des établissements hospitaliers. Faire un don | |
| Clowns Z’hôpitaux intervient régulièrement dans les hôpitaux auprès d’enfants malades mais également dans les maisons de retraite et les établissements pour adultes porteurs de handicap. Faire un don | |
| Les Clowns de l’Espoir ont pour objectif d’améliorer la qualité des séjours des enfants, pris en charge dans les centres hospitaliers de la région des Hauts de France, par l’intervention artistique régulière de clowns et de marchands de sable. Cette intervention intègre les parents, la famille, les soignants de manière active et appropriée lors de ces rencontres hebdomadaires. Faire un don | |
| Le Rire Médecin est une association dont l’objectif principal est de réduire l’angoisse liée à l’hospitalisation et d’améliorer le bien-être des enfants, de leurs familles et parfois même des soignants. Les clowns interviennent en duo dans les services pédiatriques (oncologie, chirurgie, réanimation, etc.) en s’adaptant à chaque situation médicale et émotionnelle. Faire un don | |
| Eclats de l’Île propose des interventions de « clowns hospitaliers » dans les services pédiatriques du CHU de l’île de La Réunion. Faire un don | |
| SPS, l’institut pour la santé des soignants a pour origine le rassemblement d’un groupe d’experts souhaitant partager et défendre la santé des soignants. Elle se mobilise depuis 10 ans autour de trois missions complémentaires : accompagner, prévenir et défendre la cause. Faire un don | |
| Association Souffrance au Travail est une ressource incontournable pour tous ceux confrontés à la souffrance au travail : travailleurs en détresse, professionnels de santé ou de l’entreprise, mais aussi juristes. Grâce à une approche pluridisciplinaire, un réseau étendu, et des outils pratiques et gratuits, elle permet d’informer, prévenir et accompagner efficacement la souffrance du professionnel sur son lieu de travail. Faire un don |
Rédactrice : Célia Fernandes, Assistante Marketing chez Bessé
Catégorie : Association
Tous les ans, le congrès Hopipharm rassemble les pharmaciens hospitaliers francophones pendant 3 jours pour des conférences scientifiques et des actualités syndicales. Cette année, le SYNPREFH a choisi Montpellier pour organiser cet évènement du 26 au 29 mai 2026 qui a accueilli 1 850 personnes.

De gauche à droite : Dr Delphine Bourin, Christophe Vérillaud, Dr Jacques Trévidic et Dr Teim Ghanem

Dr Jacques Trévidic, Administrateur de l’APPA
C’est donc dans une ambiance caniculaire que sont arrivés les premiers congressistes présents pour le symposium APPA, soulagés de constater que celui-ci se déroulait dans un parc des expositions climatisé.
Le thème de ce symposium concernait l’actualité en matière de Protection Sociale Complémentaire (PSC) des personnels médicaux et pharmaceutiques hospitaliers.
Notre collègue Teim Ghanem, psychiatre et administrateur de l’APPA, a présenté l’APPA, son histoire passée et récente, ses services ainsi que la plateforme « Coup de blouse ».
Christophe Vérillaud, Responsable département affinitaire chez Bessé, a présenté les conséquences de l’intégration des personnels hospitalo-universitaires dans la PSC obligatoire de la fonction publique d’État, opérationnelle depuis le début du mois de mai 2026. A partir d’exemples concrets, il est montré que la protection est moindre que celle de l’APPA pour des cotisations plus onéreuses. Les inconvénients de ce type de contrat l’emportent sur les avantages, principalement en raison de la différence de salaire (et donc de cotisation) entre les personnels hospitalo-universitaires et le reste des agents de la fonction publique d’État.
Jacques Trévidic, ancien pharmacien hospitalier et administrateur de l’APPA, a présenté l’état d’avancement de ce dossier pour la fonction publique hospitalière, qui semble bien enlisé, ce qui a été confirmé par des annonces gouvernementales quelques jours plus tard. Pour des raisons juridiques, les praticiens hospitaliers et assimilés seront exclus des contrats de PSC obligatoire. Pour le reste de la fonction publique hospitalière, les négociations entre gouvernement et syndicats ayant échoué, les agents ne bénéficieront que d’un coup de pouce de 15 € par mois à compter de septembre 2027, la conclusion d’un contrat de PSC obligatoire étant repoussée au-delà de cette date.
Un grand merci à Delphine Bourin, pharmacien hospitalier, membre du Conseil d’administration du Synprefh et administratrice de l’APPA, d’avoir rendu possible ce symposium très animé.
Rédacteur : Dr Jacques Trévidic, Administrateur de l’APPA
Catégorie : Association
Interne en 5ème année de psychiatrie, adhérente à l’APPA, Margaux Hazan effectue une année de recherche au sein de l’équipe du Dr Astrid Chevance dans le cadre de la plateforme ComPaRe Dépression. En s’appuyant sur la méthode de recherche participative, elle développe l’étude GenDep qui interroge le lien entre le genre et la dépression.


Coup de Blouse
Créée à l’initiative de l’APPA, Coup de Blouse propose des témoignages, des outils et des contacts utiles pour aider les internes et les praticiens, ainsi que leurs proches, à prévenir une situation à risque de souffrance au travail. Plusieurs ressources concernent les conflits à l’hôpital et les moyens existants pour les résoudre.
Pour en savoir plus, cliquez ici.
Pouvez-vous nous expliquer l’objectif de la plateforme ComPaRe ?
ComPaRe (Communauté de Patients pour la Recherche) est une plateforme lancée par l’AP-HP pour étudier les maladies chroniques.
Il existe désormais des recommandations internationales favorisant une recherche éthique qui implique au maximum les personnes concernées : c’est dans cette perspective qu’a été développée cette approche participative.
À partir de questionnaires en ligne, une communauté de patients volontaires aide à réfléchir sur des sujets de recherche, à développer et tester les protocoles. En échange, les chercheurs s’engagent à vulgariser leurs résultats avec toute une série de règles pour s’assurer que les données recueillies sont réellement exploitées. Lancée en 2023 par le Dr Astrid Chevance, ComPaRe Dépression ambitionne de constituer la plus grande base de données mondiale sur la dépression. La cohorte compte aujourd’hui plus de 8 000 participants. L’un des grands avantages du dispositif est la rapidité du recrutement : en deux mois, il a été possible d’obtenir 1 500 réponses, ce qui aurait été impossible par un recrutement traditionnel.
Comment se fier à de telles données d’un point de vue scientifique ?
Les données sont auto-déclarées, comme dans toute consultation en psychiatrie où l’on s’appuie sur le discours du patient. En pratique, 87 % des participants avaient déjà eu un traitement médical ou psychothérapeutique, donc la grande majorité était déjà diagnostiquée.
Par ailleurs, les patients ont souvent une connaissance de terrain précieuse : c’est parfois eux qui permettent d’affiner les définitions et les critères diagnostiques, en identifiant des symptômes que les médecins n’auraient pas encore formalisés.
Qu’est-ce que l’étude GenDep au sein de Compare Dépression ?
GenDep part d’un constat paradoxal issu des baromètres de Santé Publique France : la prévalence de la dépression augmente 12 % en 2021, 15,6 % en 2024 et ce sont systématiquement les femmes, les jeunes et les personnes précaires qui sont les plus exposées. Pourtant, les hommes se suicident trois fois plus. L’hypothèse de l’étude est qu’il y aurait peut-être autant d’hommes déprimés, mais avec des symptômes différents que les échelles classiques ne capturent pas : irritabilité, colère, consommation d’alcool ou de substances, repli dans le travail ou le sport plutôt qu’expression de la tristesse.
La méthodologie consiste à soumettre à tous les participants cinq échelles couvrant environ 90 symptômes, ainsi qu’une échelle de fonctionnement genré avec 60 questions sur les traits de caractère. L’objectif est de voir si des profils distincts émergent et, si oui, s’ils sont liés au sexe biologique, à l’identité de genre, ou aux traits de personnalité socialement construits.
Ces travaux ont-ils changé votre pratique clinique ?
Depuis le lancement de cette étude, la façon d’interroger les patients a évolué. Cela a aussi mis en lumière les biais de genre que l’on peut avoir en tant que soignant, parfois sans s’en rendre compte. Désormais, l’effort porte à davantage demander aux patients hommes s’ils se sentent tristes, et aux patientes femmes si elles se sentent en colère. Ce que ces travaux ont surtout apporté, c’est une ouverture d’esprit plutôt qu’un enfermement dans des catégories : en équipe, il est arrivé plus d’une fois de dire « j’ai eu un cas typique de dépression masculine, mais c’était une femme. » C’est plutôt dans ce sens-là que nos travaux ont eu de l’influence.
Quelle est la suite pour ComPaRe ?
Le dispositif est ouvert à toutes les personnes qui ont envie de faire de la recherche : il suffit d’apporter un projet, d’en discuter en équipe et de se lancer.
J’ai apporté le sujet, on l’a développé ensemble, j’ai recueilli les données, et maintenant je travaille sur l’analyse avec certains membres du comité scientifique. On est souvent présent aux congrès de psychiatrie et dans d’autres événements accessibles au grand public. C’est l’avantage de la recherche en ligne : cela ouvre des possibilités à des petits centres qui n’auraient pas les moyens de mener ce type d’études autrement.
Rédacteur : Gabriel Viry, Directeur de l’agence KIBLIND
Catégorie : Association
Chirurgien viscéral retraité et adhérent de l’APPA, Dr Emmanuel Odet a quitté sa Bourgogne pour relever un défi inattendu : implanter la chirurgie mini-invasive en Guinée dans le cadre d’un programme humanitaire. Entretien avec un praticien infatigable, inventeur de nouvelle méthodes chirurgicales en proctologie et désormais chef de service dans un hôpital à 300 kms de Conakry…




Pouvez-vous nous raconter votre parcours ?
Je suis chirurgien viscéral, formé à la faculté de médecine et au CHU de Strasbourg. Après mon internat, je suis parti à Paris pour exercer en tant que chef de clinique, puis je suis devenu praticien hospitalier, en poste à Mâcon où je suis resté jusqu’à ma retraite en 2023.
Durant ma carrière, j’ai accumulé une dizaine de diplômes universitaires et de spécialisation, tout en participant activement aux congrès médicaux et à la formation dans ma spécialité. Plus particulièrement, j’ai fondé une école d’apprentissage de la chirurgie à Mâcon, dans le domaine de la proctologie, spécialisée dans les maladies ano-rectales. Trois fois par an, des chirurgiens venus de toute l’Europe et d’Afrique venaient y apprendre une technique chirurgicale spécifique. J’ai ensuite déposé un brevet à l’Institut National de Propriété Intellectuelle en 2019, étendu au niveau européen en 2023, portant sur un appareil de traitement mini-invasif de la maladie hémorroïdaire.
Où en êtes-vous du développement de ce brevet ?
Je suis déjà en contact avancé avec un industriel français pour le matérialiser, mais cela nécessite d’être présent en France afin de travailler en laboratoire, faire des essais sur modèle animalier et, enfin, le publier. Un brevet sans études reste un papier ! Après la Guinée, si j’ai encore l’énergie et j’espère l’avoir je m’y consacrerai à plein temps…
Qu’est-ce qui vous a amené en Guinée ?
En retraçant mon parcours après mon départ en retraite, j’ai réalisé qu’il me manquait une expérience internationale. J’ai commencé à diffuser mon profil sur LinkedIn et, quelques jours après, une société canadienne spécialisée m’a contacté pour un projet humanitaire en Afrique sans préciser la destination. Je ne m’étais jamais aventuré au-delà d’un congrès à Marrakech…
Mon dossier a été sélectionné parmi soixante candidatures, jusqu’aux cinq finalistes, avant d’être soumis à l’hôpital concerné, en Guinée. Chaque fois que le directeur et le chef de service classaient les CV, mon nom revenait en tête. Les deux derniers finalistes un Français et un Russe ont été convoqués à l’aéroport Charles-de-Gaulle pour un entretien. Le mien a duré trois heures et demie. Le lendemain, j’ai appris que ma candidature avait été retenue, malgré le fait que je n’avais aucune expérience médicale sur le continent africain.
En quoi consiste concrètement votre mission ?
Je suis basé à Kamsar, une ville côtière à 300 km au nord de Conakry, près de l’océan Atlantique.
Ma mission est d’opérer les patients en utilisant les techniques mini-invasives, sans ouvrir l’abdomen en chirurgie digestive ou sans incision pour la proctologie. Je dois aussi former d’autres professionnels.
La mission pourra très probablement être prolongée de 2 ans supplémentaires, jusqu’en 2028, car cela prend du temps de former des équipes à la cœlioscopie. Il faut se rappeler qu’en France, on consacre quatre ans à la formation de nos internes !
Le projet est porté par la Compagnie de Bauxite de Guinée, qui souhaite apporter des soins de qualité aux populations vivant autour des mines. Malgré certaines résistances sur le terrain, j’ai été nommé chef de service pour mener le projet à son terme.
Qu’avez-vous découvert sur le plan médical ?
J’ai vu des pathologies que je n’avais jamais vues en France en trente ans de carrière, notamment des cas de tuberculose abdominale très graves qu’il a fallu traiter. Le paludisme est quotidien, il y a aussi la fièvre typhoïde, qui a quasiment disparu en Europe mais provoque ici des perforations intestinales. J’ai dû apprendre à gérer ces maladies et j’ai donc aussi progressé sur le plan de la connaissance et de la pratique.
Comment se passe la relation avec vos équipes et vos patients ?
La reconnaissance des patients est quelque chose que je n’ai jamais connu en France à ce niveau-là : quand on prend le temps d’expliquer, d’être humain, la gratitude est immédiate et sincère.
Avec les collègues, c’est peut être un peu plus nuancé. L’arrivée de nouvelles techniques suscite parfois de la méfiance voire de la jalousie. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles on m’a confié la direction du service, afin que rien ne puisse entraver l’avancement du projet.
Avez-vous eu le temps de découvrir la région ou la capitale ?
Pour le moment, assez peu, car je profite de mes congés pour rentrer en France, retrouver ma famille et m’approvisionner en matériel. Il y a aussi un manque d’infrastructures, de routes ou d’hôtels pour voyager facilement : les 300 kilomètres qui séparent Conakry et Kamsar représentent, par exemple, sept heures de trajet. En revanche, j’ai pu découvrir le Sénégal, notamment Dakar et les réserves naturelles que j’ai beaucoup apprécié.
Au final, c’est une expérience passionnante que je recommande à toutes celles et ceux qui souhaitent découvrir autre chose et sortir de leur quotidien.
D’ailleurs j’en profite, l’hôpital de Kamsar recherche actuellement un orthopédiste expatrié, un radiologue et un biologiste : s’il y a des praticiens français qui ont envie de s’expatrier et d’aider, je suis à disposition pour les renseigner et les accompagner avec grand plaisir…
Rédacteur : Gabriel Viry, Directeur de l’agence KIBLIND
Catégorie : Association
A travers son Fonds d’intervention, l’APPA soutient financièrement une famille adhérente, dont le fils est en situation de handicap, pour l’acquisition d’un fauteuil roulant et la motorisation d’un vélo couché à 3 roues. Témoignage.

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Créée à l’initiative de l’APPA, Coup de Blouse propose des témoignages, des outils et des contacts utiles pour aider les internes et les praticiens, ainsi que leurs proches, à prévenir une situation à risque de souffrance au travail. Plusieurs ressources concernent les conflits à l’hôpital et les moyens existants pour les résoudre.
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Praticien hospitalier en réanimation pédiatrique, adhérent de l’APPA, Benoît a eu l’opportunité de partir en famille au Québec, en 1995, dans le cadre d’une mission de deux ans à l’hôpital Sainte-Justine de Montréal. Son fils Arthur a 3 mois. Une petite enfance tranquille et heureuse, de l’autre côté de l’Atlantique, qui se poursuit en Auvergne, lorsque la famille revient en France, sans rien à signaler jusqu’à l’adolescence : à 13 ans, Arthur se fait diagnostiquer une mycodystrophie, une maladie rare, évolutive, qui va progressivement réduire ses capacités motrices.
« Passé le choc, au début, on s’adapte et on s’équipe, petit à petit » se souvient sa mère Valérie.
Un ordinateur, des aménagements, des vélos adaptés : il faut sans cesse anticiper, compenser, afin de permettre à Arthur de continuer à vivre au maximum de ses possibilités.
Aujourd’hui, Arthur a 30 ans. Avec la maladie, sa mobilité diminue progressivement et chaque étape impose de nouveaux ajustements. Il faut s’adapter en permanence et financer des appareils très coûteux, comme prochainement pour l’acquisition d’un siège motorisé pour la voiture, capable de pivoter et de s’abaisser afin de faciliter les transferts. Coût estimé : 8 800 euros ! « À chaque fois, on pense avoir tout anticipé, explique le couple, mais il y a toujours quelque chose de nouveau car c’est la maladie qui décide… »
Même leur logement a dû être entièrement repensé. Il y a deux ans, la famille a dû engager 200 000 euros de travaux : installation d’un élévateur, création d’une salle de bain adaptée, élargissement des accès… Un chantier lourd, mais indispensable pour maintenir Arthur à domicile. La famille a sollicité le Fonds d’intervention de l’APPA qui lui a accordé une aide exceptionnelle de 15 000 euros.
Derrière ces adaptations matérielles se cache une autre réalité, souvent méconnue : celle des démarches administratives. En effet, le financement des équipements relève d’un véritable parcours d’obstacles. Les aides existent, mais elles sont partielles, complexes à mobiliser, et souvent insuffisantes.
« Il faut faire des dizaines de dossiers. On commence toujours par la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH), puis le fonds de compensation, puis d’autres organismes… Et souvent, les réponses sont négatives. »
Le fauteuil roulant, par exemple, est significatif des dépenses en vigueur. Le coût réel avoisine les 5 000 euros, mais la base de remboursement de la Sécurité sociale est 10 fois moindre ! « Certes, il existe des modèles mieux remboursés, mais ils sont inutilisables au quotidien, trop lourds, inadaptés à la réalité des usages ».
Résultat : des restes à charge considérables, que la famille doit absorber, en mobilisant ses économies, ses proches et quelques aides complémentaires. Mère aidante, à plein temps, Valérie a également dû interrompre sa carrière dans le commerce pour accompagner son fils au quotidien : préparer les repas, assurer la toilette, organiser les soins, gérer les déplacements… et, en parallèle, monter les dossiers de financement.
« Je passe mon temps à chercher des aides ! »
Son rôle est très exigeant, sur le plan physique et mental. Récemment, une blessure au dos l’a contrainte à faire appel à une aide extérieure, une heure et demie par jour, après des années à tout assumer.
Au-delà des équipements classiques, certaines solutions innovantes existent, comme une combinaison de neurostimulation permettant de limiter la spasticité et stimuler les muscles. Mais le dispositif n’est pas encore validé scientifiquement, donc il n’est pas remboursé. « Si on veut essayer, on doit payer (environ 9 000 euros), sans avoir la garantie de ses résultats ».
La situation illustre une tension permanente entre le besoin d’explorer des solutions nouvelles et le risque financier qu’elles représentent.
« Le handicap, c’est une triple peine : on perd une fonction, on doit payer plus cher et on doit se débrouiller seuls ! »
Heureusement, certaines aides complémentaires, comme le Fonds d’intervention de l’APPA, amènent une possibilité de soutien matériel et surtout un peu de réconfort. En 2025, la famille dépose un dossier auprès de la commission dédiée, au sein de l’Association, pour financer un fauteuil roulant manuel et la motorisation d’un vélo couché à 3 roues. L’APPA contribue à hauteur de 30 % de la dépense globale, en complément des remboursements de la Sécurité sociale et du contrat de mutuelle. « Cela fait du bien d’avoir enfin une réponse rapide, souligne la mère d’Arthur, ce qui constitue un soutien précieux dans un parcours souvent semé d’incertitudes… ».
Malgré tous les obstacles, la famille avance. Elle s’adapte, encore et toujours, anticipe, investit, cherche des solutions pour vivre avec le handicap au quotidien, tout en poursuivant certaines passions partagées, comme la plongée, qui font du bien, sur tous les plans…
Rédacteur : Gabriel Viry, Directeur de l’agence KIBLIND
Catégorie : Association
Ce mois-ci, nous vous présentons le parcours du Dr Jean-Marc Chabannes, Psychiatre à Marseille et correspondant local de l’APPA.

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Créée à l’initiative de l’APPA, Coup de Blouse propose des témoignages, des outils et des contacts utiles pour aider les internes et les praticiens, ainsi que leurs proches, à prévenir une situation à risque de souffrance au travail. Plusieurs ressources concernent les conflits à l’hôpital et les moyens existants pour les résoudre.
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Dr Jean-Marc Chabannes s’est orienté vers la psychiatrie à l’issue du classement au concours de médecine à Marseille. S’il reconnaît volontiers ne pas avoir été prédestiné vers cette spécialité, il en a découvert progressivement la richesse jusqu’à revendiquer aujourd’hui « le plus beau métier du monde ».
Après un premier poste d’assistant des hôpitaux à Aix-en-Provence, il devient praticien hospitalier et s’engage dans le milieu carcéral au milieu des années quatre-vingt-dix. En 2001, il prend la tête des urgences psychiatriques de l’hôpital de la Timone, avant d’exercer comme PH de secteur puis, à partir de 2008, en tant que chef de service en psychiatrie adulte à La Conception. En parallèle, ce praticien engagé, très sensible à la réflexion syndicale et à l’intelligence collective dans le modèle hospitalier, a rapidement pris des responsabilités institutionnelles au sein de la gouvernance de l’AP-HM : il est élu depuis des années à la Commission Médicale d’Établissement et en a assuré la Vice-Présidence entre 2021 et 2025.
À un an de son départ en retraite, prévu pour l’été 2027, Dr Jean-Marc Chabannes prépare la transition avec un rôle de pivot et de messager dans un service marqué, depuis douze ans, par des événements judiciaires douloureux. Conformément à ses valeurs et à ses convictions, il s’attache aujourd’hui à maintenir le dialogue entre les équipes, universitaires et non universitaires, convaincu que la cohésion est une condition essentielle pour avancer et soigner, autour d’un projet partagé.
Adhérent de l’APPA depuis 1994, ce père de famille nombreuse souligne l’accompagnement très concret de l’Association, à travers ses garanties, dans les étapes charnières de sa vie professionnelle et personnelle ; correspondant local à Marseille, il défend ce modèle original auprès des nouvelles générations, car il le juge à la fois utile, solidaire et profondément ancré dans la réalité des besoins…
Très attaché à sa famille, Jean-Marc Chabannes compte sur l’après 2027 pour pouvoir profiter encore davantage de ses petits-enfants entre Marseille et Avignon, sa ville de naissance et de cœur, qui fait aussi le « pont » avec sa passion pour le théâtre. Quand il ne fréquente pas les salles de cinéma, « jusqu’à quatre fois par semaine », ce grand féru de culture(s) a également un autre film en tête, de plus en plus réaliste : le grand voyage de 6 à 8 mois qu’il projette en Amérique du Sud, en 2028, à partir de l’Argentine, pour apprendre l’espagnol et s’immerger dans l’inconnu…
Rédacteur : Gabriel Viry, Directeur de l’agence KIBLIND
Catégorie : Association
Cette année, les administrateurs de l’APPA et les équipes de Bessé seront présentes sur 3 congrès en France pour répondre à toutes vos questions.

Sortez vos agendas et saisissez ces opportunités pour rencontrer nos administrateurs de l’APPA et nos experts en protection sociale !
- Hopipharm : à l’Arena Sud de France de Montpellier, du 27 au 29 mai 2026. Découvrez les dernières tendances en pharmacie hospitalière. L’APPA animera également un symposium sur les actualités de la Protection Sociale Complémentaire des praticiens exerçant à l’hôpital et à l’université, le mardi 26 mai 2026 à partir de 19h00. Retrouvez le programme complet.
- SIP-SPH (La Société de l’Information Psychiatrique – Syndicat des Psychiatres des Hôpitaux) : au Palais des Congrès à Saint-Malo du 30 septembre au 2 octobre 2026. Venez assister aux 44èmes journées consacrées aux thérapeutiques en psychiatrie. Plus d’infos.
- CFP (Congrès Français de Psychiatrie) : au palais des Festivals et des Congrès de Strasbourg, du 2 au 5 décembre 2026. Le thème de cette édition sera autour du mot « politique ». En partenariat avec le CFP, l’APPA animera en amont du congrès un webinaire sur les actualités de la Protection Sociale Complémentaire des praticiens exerçant à l’hôpital et à l’université (date à venir). Inscrivez-vous au congrès.
Nous sommes impatients de participer à ces événements et espérons vous y retrouver nombreux pour des échanges enrichissants.
Rédactrice : Célia Fernandes, Assistante Marketing chez Bessé
Catégorie : Association
« Au-delà de notre statut étudiant, il ne faut jamais oublier que nous sommes avant tout des médecins en formation ! »

Marie Rouxel Thomat, interne en psychiatrie et Présidente de l’AFFEP
Interne en psychiatrie à Dijon, Marie Rouxel Thomat a pris une année de césure pour mener à bien son cursus complémentaire en neurosciences et ses engagements associatifs au service de la spécialité. Nouvelle présidente de l’AFFEP, elle milite pour veiller et améliorer les conditions de travail des internes, tout en favorisant l’attractivité générale de la discipline.
Pouvez-vous nous raconter votre parcours et ce qui vous a mené à la présidence d’AFFEP ?
Je n’ai pas un parcours particulièrement linéaire. Je suis interne en psychiatrie à Dijon et mon engagement associatif est venu assez naturellement, mais aussi un peu par hasard… À la base, j’étais en lien avec une amie qui avait repris l’association locale des internes. J’ai commencé par m’impliquer dans la représentation des internes, car c’est un sujet qui me tenait à cœur. Ensuite, j’ai été amenée à participer à des rencontres nationales, où j’ai rencontré Nicolas Doudeau, mon prédécesseur à la présidence de l’Association Française Fédérative des Etudiants en Psychiatrie (AFFEP). On eu un vrai “matching” professionnel : il m’a proposé de rejoindre le bureau, puis de prendre progressivement de nouvelles responsabilités. J’ai ensuite occupé le poste de vice-présidente avant de lui succéder. Ce qui a été très formateur, c’est d’avoir une année en “double regard”, avec deux présidences différentes, ce qui m’a permis d’apprendre à la fois la gestion associative et la représentation nationale.
Vous êtes actuellement en année de césure ?
En effet, j’ai entrepris un Master 2 de neurosciences, avec une orientation vers la psychiatrie. J’ai choisi de faire une année de césure, durant mon internat à Dijon, pour pouvoir m’investir pleinement dans mes autres activités, notamment au sein de l’AFFEP : c’était important pour moi d’avoir du temps pour participer aux congrès, rencontrer des acteurs du secteur, développer des projets, etc. Actuellement, je suis dans un laboratoire qui dépend du Centre de recherche en Epidémiologie et Santé des Populations (CESP) et qui est rattaché à l’INSERM.
Pouvez-vous nous expliquer la mission de l’AFFEP ?
L’AFFEP c’est l’Association Française Fédérative des Etudiants en Psychiatrie. Elle a été créée en 1998, initialement pour représenter la spécialité, sur l’ensemble du territoire, au sein d’un réseau européen d’étudiants et d’internes en psychiatrie. Aujourd’hui, elle a plusieurs missions principales. D’abord, la formation : on veille à ce qu’elle soit cohérente et équilibrée entre les différentes villes. On partage les bonnes pratiques entre subdivisions. Ensuite, la représentation : on peut intervenir auprès des ARS ou des chefs de service, notamment en cas de difficultés ou de conflits
Enfin, l’Association a un objectif de valorisation de la discipline et de mise en réseau des internes entre eux, mais aussi avec d’autres spécialités.
Vous utilisez le terme “étudiants”, mais vous insistez sur le rôle de médecin…
Oui, c’est un point important. Administrativement, nous sommes des étudiants et ce statut est essentiel pour garantir nos droits : formation, temps de travail, encadrement, etc. Mais dans la réalité, nous sommes des médecins en formation : on a des responsabilités cliniques, on est en première ligne à l’hôpital. Donc il ne faut pas minimiser notre rôle et l’AFFEP est là, justement, pour maintenir cet équilibre.
Quels sont les grands enjeux actuels pour les externes et le internes de la spécialité ?
Il y en a plusieurs, mais le premier, c’est clairement les conditions de travail.
On est confrontés à des situations humaines parfois très difficiles et il faut être vigilant à ce que les internes ne souffrent pas, eux-mêmes, de leurs conditions d’exercice.
Donc, il y a une vraie attention à porter à la santé mentale des jeunes praticiens en formation et c’est une partie du rôle de l’AFFEP, comme je l’expliquais juste avant.
Ensuite, il y a l’attractivité de la psychiatrie. C’est une spécialité qui souffre encore d’une image parfois négative ou caricaturale, contre laquelle on tente de réagir. On participe notamment à des initiatives innovantes comme les Nuits de la psychiatrie. L’objectif, c’est de créer des formats plus interactifs, comme du “speed dating” entre étudiants et praticiens, en favorisant les échanges directs. Ça permet de montrer la diversité des pratiques (pédopsychiatrie, libéral, hospitalier, périnatalité, etc.) et de rendre la discipline plus concrète, plus accessible, pour les futurs praticiens.
Comment l’Association fonctionne-t-elle ?
On a une organisation décentralisée mais très collaborative, basée sur un bureau national d’une quinzaine de membres implantés sur l’ensemble du territoire. Pour mettre en oeuvre les décisions cet les projets, l’Association s’appuie le cas échéant sur un bureau restreint (président, secrétaire général, trésorier) et plusieurs vice-présidents sur des thématiques spécifiques. Concrètement, on se réunit une fois par mois et on organise deux assemblées générales chaque année. De façon générale, je tiens beaucoup à la valorisation du travail en équipe : les missions sont partagées, et chacun peut s’impliquer sur plusieurs sujets, selon ses intérêts et ses disponibilités.
Rédacteur : Gabriel Viry, Directeur de l’agence KIBLIND
Catégorie : Association
Depuis une dizaine d’années, l’APPA soutient L’enfant@l’Hôpital qui fête ses quarante ans d’actions, en 2026, auprès des enfants fragilisés par la maladie ou le handicap. Elle leur propose notamment de s’évader de leur quotidien, souvent difficile, à travers un dispositif original, participatif et voyageur : les Ateliers Kolibri. Rencontre avec Marie-Emmanuelle Soutenet, déléguée générale de l’Association.
Pouvez-vous nous raconter l’origine de L’enfant@l’Hôpital ?
L’Association a été fondée par Anne Dunoyer de Segonzac, qui était très engagée dans le champ de la philanthropie et de la promotion de la lecture, à une époque charnière : celle de l’émergence de l’informatique domestique. Convaincue du potentiel éducatif des nouvelles technologies, elle a initié les premiers ateliers informatiques directement au chevet des enfants hospitalisés. Ce positionnement novateur — utiliser les outils numériques comme vecteurs d’ouverture et d’apprentissage — constitue l’ADN du projet. Au fil des années, l’Association a développé des collaborations culturelles et pédagogiques, puis fait évoluer son modèle vers un dispositif original qui deviendra sa signature : le suivi de voyageurs à travers le monde…
Où intervient l’Association aujourd’hui ?
L’enfant@l’Hôpital est présente aujourd’hui dans près de 60 établissements répartis sur l’ensemble du territoire, qui se répartissent en trois grandes catégories :
- Des services hospitaliers (pédiatrie, hémodialyse, pédopsychiatrie, hospitalisations de longue durée) accueillant des enfants souvent confrontés à des parcours de soins lourds et à un risque d’exclusion sociale et scolaire ;
- Des instituts médico-éducatifs et des structures spécialisées dont la mission est d’accompagner des enfants et adolescents présentant des handicaps cognitifs, moteurs ou associés ;
- Des dispositifs d’inclusion scolaire, type classes ULIS, permettant à des élèves en situation de handicap de suivre une scolarité en milieu ordinaire avec un accompagnement adapté.
Quels que soit le type d’établissements, les enfants concernés partagent souvent une double fragilité: un isolement social et une perte de confiance en eux. L’ambition de l’Association est de leur redonner des repères, de nourrir leur curiosité et de stimuler leurs capacités affectives et cognitives.
Pouvez-vous nous parler des Ateliers Kolibri ?
Il s’agit d’un dispositif pédagogique, au cœur du projet de L’enfant@l’Hôpital, qui se matérialise par l’organisation d’ateliers hebdomadaires au sein des établissements partenaires afin de suivre des voyageurs bénévoles, familles, couples ou aventuriers individuels, sélectionnés par l’Association (entre 15 et 20 chaque année). Engagés dans un projet de voyage d’environ un an, ils choisissent de partager leur expérience avec les enfants à travers 3 grandes étapes :
- Une rencontre préalable entre les voyageurs et les enfants avant le départ ;
- Un suivi hebdomadaire via la plateforme numérique Kolibri, sur laquelle les voyageurs publient un carnet de voyage illustré ;
- Le retour en établissement, à l’issue du périple, pour poursuivre l’échange avec les enfants participants.
Concrètement, chaque voyage est suivi par 4 à 6 groupes d’élèves. Au sein des établissements, les ateliers sont animés par une équipe d’une dizaine de jeunes engagés (services civiques, stagiaires, bénévoles), encadrés par les salariées de l’Association.
Durant une heure, chaque semaine, les enfants découvrent un pays, situent les destinations sur une carte, travaillent sur les fuseaux horaires ou les distances parcourues, participent à des activités culturelles et sensorielles, en lien avec le voyage.
Ces contenus deviennent alors des supports pédagogiques (lecture, géographie, mathématiques, écriture, mémorisation, etc.) qui génèrent de véritables avancées individuelles ou collectives : des enfants qui reprennent goût à la lecture, des adolescents qui s’engagent davantage dans les activités partagées, une amélioration générale de l’attention et de la participation. Au-delà des apprentissages, ces ateliers constituent une respiration dans des contextes souvent marqués par la souffrance et la contrainte médicale.
Comment est utilisé le dispositif au-delà des ateliers ?
Entièrement développée par l’Association, la plateforme numérique Kolibri centralise les carnets de voyage et propose des fonctionnalités adaptées aux besoins spécifiques des enfants, comme l’adaptation des polices pour les troubles DYS ou la création de mémory personnalisés à partir des photos des voyageurs. Des développements sont actuellement en cours afin de renforcer les usages éducatifs : nouveaux jeux de géographie, amélioration du téléchargement des carnets pour un travail interdisciplinaire en classe ou en service hospitalier, etc. Dans un contexte de généralisation du numérique, l’Association défend un usage collectif et accompagné d’Internet, afin qu’il soit au service d’un projet partagé, favorisant l’échange et la rencontre, à l’inverse d’un usage isolé.
Comment est structurée l’Association ?
L’enfant@l’Hôpital a fait le choix d’une structure légère et agile, qui repose sur 6 postes salariés (environ 4 équivalents TP), une dizaine d’animateurs sur le terrain et un réseau de bénévoles régionaux. Le siège social est toujours situé en région parisienne, mais l’organisation fonctionne de manière décentralisée avec des délégations régionales, notamment à Lille, Rennes ou Aix-en-Provence. Ce modèle garantit un fonctionnement relativement peu coûteux, ce qui permet d’affecter plus de 93 % du budget directement vers les actions menées auprès des enfants.
L’Association ne bénéficie plus aujourd’hui de subventions publiques régulières. Son modèle repose principalement sur le mécénat d’entreprise, le soutien de fondations et des partenariats privés. Certains soutiens sont fléchés vers des ateliers spécifiques, permettant une visibilité concrète de l’impact des contributions. Nous veillons dans tous les cas à construire des partenariats porteurs de sens, basés sur une recherche d’engagement réciproque et pérenne.
C’est le cas du soutien de l’APPA, par exemple ?
Effectivement, nous avons la chance de pouvoir compter sur l’APPA depuis une dizaine d’années, à travers un don annuel qui est fléché vers un atelier spécifique destiné à des enfants en temps de réadaptation dans un hôpital à Montreuil (93).
Concrètement, ce soutien permet de mettre en oeuvre un atelier hebdomadaire auprès de jeunes patients en phase de rééducation avec des contenus pédagogiques adaptés à leurs besoins spécifiques. Ce type de partenariats illustre la volonté de l’Association de construire des collaborations durables, ancrées dans des actions concrètes et directement bénéfiques pour les enfants ; au-delà de l’apport financier, il permet d’inscrire l’action dans le temps long, de sécuriser les ateliers et d’assurer une présence régulière auprès des jeunes concernés.
Quels sont vos grands projets de développement ?
Nous avons deux grands objectifs, actuellement, avec l’Association : le renforcement de l’implantation territoriale, notamment dans le Grand Ouest et le Grand Est ; et de nouveaux développements pour la plateforme Kolibri, afin d’enrichir les outils pédagogiques et d’encourager l’exploitation transversale des contenus par les équipes éducatives.
Au-delà des enfants, les équipes soignantes et éducatives soulignent effectivement l’apport des ateliers, qui constituent à la fois un temps d’observation privilégié et une parenthèse d’ouverture dans des environnements professionnels souvent soumis à de fortes tensions.
Quarante ans après sa création, L’enfant@l’Hôpital continue d’affirmer ses convictions : l’accès à la culture, à la découverte et à l’émerveillement est un levier essentiel de reconstruction, d’apprentissage et de lien social pour les enfants confrontés à la maladie ou au handicap. Nous avons aussi la chance de poursuivre la collaboration avec d’anciens voyageurs, qui deviennent bénévoles ou coordinateurs régionaux, illustrant la dynamique vertueuse et pérenne du dispositif.
Avez-vous un message pour les praticiens qui seraient intéressés par votre projet ?
Au-delà de l’action existante, L’enfant@l’Hôpital souhaite effectivement renforcer le dialogue avec le monde médical car de nombreux praticiens, notamment en fin de carrière ou investis dans des dynamiques associatives, disposent d’une expertise, d’un réseau et d’une capacité d’engagement précieux pour accompagner ce type de projet.
Il existe de nombreux moyens de s’engager et la liste n’est évidemment pas exhaustive : accompagner l’implantation d’un atelier dans un service hospitalier ; faciliter la mise en relation avec des équipes ou des directions hospitalières ; participer à des temps de présentation ou d’échange. Nous sommes pleinement disponibles et intéressés pour rencontrer les équipes médicales sensibles au projet et étudier les modalités d’un partenariat adapté aux contraintes et aux priorités de chaque établissement.
Rédacteur : Gabriel Viry, Directeur de l’agence KIBLIND
Catégorie : Association
Autrices de « Comment les écrans agissent sur nos bébés et nos ados, Ce qu’en dit la science », Dr Nicole Garret-Gloanec et Dr Anne-Sophie Pernel sont pédopsychiatres et adhérentes de l’APPA. Elles se sont intéressées aux effets des écrans sur les plus jeunes, en collectant et en analysant de nombreuses études internationales.

Pouvez-vous nous raconter votre parcours respectif ?
Anne-Sophie Pemel : Je suis pédopsychiatre, cheffe de service à Angers. J’ai fait mon internat à Nantes où j’ai rencontré Nicole Garret-Gloanec. A côté de mon exercice à l’hôpital, je me suis également investie dans différentes organisations au service de la discipline : j’ai notamment été secrétaire de la Fédération Française de Psychiatrie, et je participe encore aujourd’hui à la Société de l’information psychiatrique et au SPH.
Nicole Garret-Gloanec : Quant à moi, je suis pédopsychiatre honoraire. Mon parcours m’a menée de La Roche-sur-Yon à Saint-Nazaire, puis à Nantes où j’ai terminé ma carrière comme cheffe de service d’un secteur de pédopsychiatrie au sein du CHU. J’ai également été secrétaire générale du SPH à une époque, ainsi que présidente de la Société de l’information psychiatrique et de la Fédération française de psychiatrie. J’ai également eu différentes fonctions au sein de la Haute Autorité de Santé, de la Fédération de spécialité médicale et du Haut Conseil de santé publique. A l’hôpital, j’ai principalement axé mon exercice sur les tout-petits, notamment sur la tranche 0-3 ans à travers des consultations et une unité mère-bébé.
Comment est né ce projet de livre ?
N.G-G. : Dès nos premières collaborations sur les tout-petits, nous avons constaté
l’impact des écrans, d’abord la télévision, puis les autres. Nous nous sommes beaucoup intéressées à cette question. Depuis longtemps, nous voulions faire un article sur l’effet des écrans, mais nous avions d’autres urgences et travaux en commun.
Après le confinement et l’explosion de l’usage des smartphones, nous avons observé que l’impact était différent du fait des usages et du matériel eux-mêmes différents.
Sur quelles sources vous êtes-vous appuyées ?
N.G-G. : Nous avons travaillé sur 250 à 300 articles de la littérature scientifique internationale que nous avons hiérarchisés, en ne gardant que ceux qui avaient un poids relativement important. Nous avons également utilisé l’ensemble des enquêtes disponibles en France (la Fondation Open, l’UNAF, le Conse il National du Livre, etc.) et le Common Sense Média, aux Etats-Unis, qui fait un travail très intéressant avec la participation des adolescents comme ambassadeurs. Les études viennent de partout : principalement du Japon, de la Chine, des États-Unis, mais aussi de l’Europe notamment en Angleterre, et de l’Australie.
Nous disposions donc de beaucoup de données d’enquêtes qui se précisaient et s’affinaient. Les recherches devenaient aussi plus solides en nombre et en méthodologie, pour étudier les différents types d’écrans, les usages, les temps d’écrans et également les covariables…
Qu’est-ce qu’une covariable ?
N.G-G. : Quand vous faites une recherche scientifique, vous devez vous demander si l’effet observé vient de ce que vous étudiez ou de tout ce qu’il y a autour ; autrement dit il n’est pas possible d’établir scientifiquement une relation de cause à effet sans étudier ces covariables.
Ce qui apparait très nettement et depuis longtemps avec les écrans, c’est qu’il y a des covariables que l’on retrouve très fréquemment en santé mentale : les facteurs socio-économiques, les antécédents cliniques, la monoparentalité, et d’autres facteurs de vulnérabilité qui existent et peuvent impacter l’analyse.
Est-ce ainsi l’écran qui produit l’isolement, les troubles du langage, le retard cognitif, l’impulsivité, ou bien ce type de covariables ? Les études intègrent de plus en plus ces éléments, dès le départ, pour pouvoir les neutraliser ensuite sur le plan statistique.
Qu’avez-vous découvert en analysant ces études ?
A-S.P. : En lisant les rapports, nous avons constaté qu’il y avait deux camps opposés concernant l’analyse des effets. D’un côté, ceux qui pensaient que les effets étaient graves et, de l’autre, ceux qui estimaient qu’il n’y avait pas de lien de causalité direct, avec la nécessité d’agir plutôt sur les covariables : permettre un environnement attentionné, ouvert sur l’extérieur, sur la nature et sur la culture, offrir un accompagnement de qualité, une formation, etc. Pour ces derniers, ce ne seraient donc pas forcément les écrans qui posent problème, mais un environnement qui manque à certains jeunes et qui produit les effets observés.
N.G-G. : En lisant les études, nous nous sommes aperçues que beaucoup prenaient en compte les mécanismes des effets avant d’étudier les effets eux-mêmes. Ces mécanismes étaient assez solides et apparaissaient, dans toutes les études, selon trois types principaux…
A-S.P. : Ces trois types sont, premièrement, les interactions : les effets agissent par l’intermédiaire de la réduction des interactions directes. Deuxièmement, le sensoriel : l’impact sur la sensorialité, que ce soit celui de la lumière sur le sommeil dont le déficit est médiateur des troubles anxieux et dépressifs, ceux des stimuli, non filtrés, rapides et intenses sur l’audition et la vision qui peuvent créer une sensorialité atypique telle qu’observée dans les TDAH. Troisièmement, la régulation émotionnelle. Ces trois mécanismes ont été mis en parallèle avec le développement cérébral : lorsqu’on les articule ensemble, on comprend comment ils produisent des effets sur des périodes sensibles du développement, du premier âge à l’âge adulte.
Pourquoi vous êtes-vous concentrées sur les 0-4 ans et les 11-15 ans ?
A-S.P. : Ce sont des moments du développement qui sont très importants.
Chez le tout-petit, l’ensemble de la base du développement se met en place dès le plus jeune âge : le langage, la relation, le cognition, dans l’interaction et l’expérimentation. C’est donc à ce moment-là que nous observons les effets les plus délétères.
L’adolescence est similaire, c’est un moment de remaniement cognitif et cérébral important. C’est à la fois une période riche et un moment de vulnérabilité.
Entre les deux, ce n’est pas là qu’il y a le plus de difficultés : les enfants sont à l’école, donc ils ne sont pas sur les écrans toute la journée !
N.G-G. : Chez les tout-petits, pour compléter, c’est un moment où se produit un développement des aires sensorielles et motrices très important. Cela se fait à travers l’expérimentation de son corps en trois dimensions, dans la relation aux objets et, bien-sûr, aux adultes.
La deuxième période, de 11-13 ans jusqu’à 15 ans environ, correspond à un moment particulier : l’enfant acquiert des compétences mais n’a pas les capacités de les réguler et de les planifier. Dans le développement cérébral, le striatum et l’amygdale, c’est-à-dire les structures liées à l’émotion et à la motivation, elles se développent, mais le cortex préfrontal, impliqué dans la planification et l’inhibition, n’est pas encore mature. Il y a un déséquilibre…
Pourquoi avoir démarré l’étude après la crise sanitaire ?
A-S.P. : Tous les jeunes ont été enfermés chez eux, dont beaucoup devant les écrans, y compris les tous-petits. Les parents télétravaillaient et n’avaient pas toujours le choix que de laisser les enfants devant les écrans. Cela correspond aussi à une période où la technologie s’est beaucoup développée. Les réseaux sociaux existaient déjà, mais ils ont été beaucoup plus utilisés à partir de cette période. Puis il y a eu la légitimation des écrans dans l’environnement scolaire avec les outils dématérialisés, comme Pronote : les écrans sont davantage progressivement entrés dans les écoles et les collèges, ce qui constitue un véritable point de bascule.
Quels sont les impacts des écrans sur la vie des enfants ?
N.G-G. : Les études montrent clairement d’importants retards du langage, mais aussi dans tout ce qui relève du relationnel et du cognitif. A cause des écrans, l’activité physique a également diminué de façon considérable, ainsi que la qualité du sommeil.
A-S.P. : Il y a aussi la question du livre. Le Conseil National du Livre, dans son enquête, constate que les jeunes ne lisent pas un livre sans faire autre chose. Ils ne passent pas plus de quelques minutes sur un livre sans être happés par une notification ou par une autre tâche. Cela témoigne de troubles considérables de l’attention.
Ces mécanismes diffèrent-ils selon les classes d’âges, par exemple entre les tout-petits et les adolescents ?
A-S.P. : Ce ne sont pas du tout les mêmes écrans, mais les mécanismes sont finalement assez proches.
Les enfants sont de plus en plus seuls avec les écrans dans leur chambre. Au départ, c’est partagé avec la famille dans le salon, puis progressivement, ce sont d’autres écrans qui sont utilisés différemment et sans aucun accompagnement.
N.G-G. : Il y a aussi une modification du type d’appareil. La télévision en arrière-plan peut être toxique, mais quand elle est dans le salon, un partage avec l’adulte est possible. Avec un smartphone, par définition, on ne partage pas facilement…
Nous observons aussi des étapes-clés : l’exposition à 12 mois, l’entrée à la maternelle avec une augmentation de l’exposition aux écrans, puis le passage au collège, etc. Il y a des modifications de quantité, de durée, mais aussi de type d’utilisations.
Pouvez-vous nous expliquer, en quelques mots, la notion de « technoférence » ?
A-S.P. : Cela désigne l’interruption des interactions sociales causée par l’utilisations des appareils numériques par les parents, qui est un point très important ! Quand l’enfant est devant un écran, il n’est pas en interaction avec son environnement.
Mais il y a aussi le sujet des parents qui sont sur leurs écrans : l’enfant interpelle le parent mais celui-ci n’est pas disponible. Cela a les mêmes effets : c’est un moment où on ne soutient pas l’enfant, on ne s’ajuste pas, on ne l’accompagne pas…
Y a-t-il une relation dose-dépendante dans les classes d’âges étudiées ?
A-S.P. : Pour les tout-petits de moins de quatre ans, il existe une relation dose-dépendante et une relation de cause à effet prouvée. La toxicité est claire et nette, tout le monde l’accepte. Pour les adolescents, c’est plus compliqué. La durée n’est pas suffisante comme critère même si, au-delà de cinq heures, l’ensemble des études suggère fortement une relation dose-dépendante. Il existe un faisceau de preuves relativement important.
Quelle est votre position sur l’interdiction des réseaux sociaux avant un certain âge ?
N.G-G. : La référence à un interdit qui serait extérieur n’empêchera pas certains de le faire quand même, au même titre que l’interdiction de conduire avant un certain âge ou de consommer de l’alcool. Ceci dit, ce type de mesures permettra cependant d’avoir une référence autour du risque, du danger et des limites, même si on y contrevient. On peut espérer que l’interdiction amènera plus de jeunes à utiliser les écrans à meilleur escient.
Cela soutiendra aussi davantage les parents en difficulté pour apporter autre chose ou solliciter de l’aide, peut être même les adolescents qui prennent conscience de leur utilisation excessive.
Et qu’en est-il pour la première cible de votre étude, les 0-4 ans ?
A-S.P. : Pour les tout-petits, c’est déjà interdit. C’est inscrit dans les carnets de santé et les annonces sont très nettes partout : pas d’écran avant 3 ans ! Malheureusement, ce n’est pas toujours respecté.
L’enjeu n’est pas d’interdire pour punir, mais plutôt de faire en sorte que chacun puisse s’approprier le sujet et prendre conscience du danger.
Rédacteur : Gabriel Viry, Directeur de l’agence KIBLIND



