Psychomotricité chez des patients adultes dans un centre de rééducation fonctionnelle


La psychomotricité est une discipline thérapeutique. Elle est destinée à tout individu, quel que soit son âge, présentant des difficultés sur plusieurs plans. Moteur, comportemental, relationnel et émotionnel.


L’objectif de la psychomotricité est de considérer l’individu dans son ensemble. Elle prend en compte le vécu psychique de la personne, ainsi que son environnement physique, social et culturel.

Dans un centre de rééducation fonctionnelle, les patients ayant vécu différents traumatismes (accident de la voie publique) ou souffrant de pathologies diverses (accident vasculaire cérébral, maladie de Parkinson, Sclérose en plaque, ou autre maladie neurologique) peuvent percevoir leur corps comme inconnu, abîmé, douloureux ou affaibli.

La psychomotricité a pour but d’accompagner le patient vers l’acceptation de ce corps différent. Cela lui permet de s’approprier ce nouveau schéma corporel et ainsi l’aider à retrouver une unité.

Cet accompagnement est global, psychique et moteur. Et ce, afin de soutenir et favoriser l’individu dans ses ressources. Le tout, pour lui permettre de trouver et découvrir des outils et des stratégies pour pallier ou compenser ses déficits.

La douleur tient également une place particulière. Certains patients sont suivis pour des douleurs chroniques et peuvent être pris en charge notamment en hôpital de jour.

Lors des séances, la relaxation est beaucoup utilisée. Ainsi que des parcours psychomoteurs, des mobilisations actives et passives des membres, des touchers thérapeutiques ou des exercices de graphomotricité.

Dans le cadre d’un service dédié aux états végétatifs chroniques et pauci-relationnels, la psychomotricité s’inscrit dans un projet global pluridisciplinaire. Celui-ci nécessitant des aménagements spécifiques comme la salle Snozelen, espace multi sensoriel (colonne à eau, musicothérapie, luminothérapie …) permettant la communication avec le monde extérieur, ainsi qu’une relaxation favorisant le bien-être.

La prise en charge se fait sur prescription médicale. Elle débute par un bilan qui permet un échange et une prise de contact entre patient et professionnel. Ce bilan est constitué de différents tests qui permettent de mieux connaitre le patient et sa problématique.

Différents items sont observables et permettent de mieux connaitre la personnalité du patient à travers ses difficultés et ses compétences et ainsi orienter la prise en charge :

  • Motricité globale : mise en mouvement du corps.
  • Le schéma corporel : connaissance des parties du corps, le rapport qu’il existe entre elles et vis-à-vis de l’environnement.
  • Image du corps : représentation inconsciente que nous avons de nous-même à travers nos expériences et nos relations aux autres.
  • Tonus : état de tension des muscles permanent, au repos ou en action, qui permettent la mise en mouvement.
  • Structuration spatio-temporelle : faculté à percevoir et se représenter les notions spatiales et temporelles.
  • Etat émotionnel
  • Estime de soi : sentiments et perception que l’on éprouve envers soi-même.

La complexité du bilan peut nécessiter plusieurs séances. L’observation est primordiale afin de mieux connaitre le patient notamment au niveau de la communication non-verbale.

À la suite de ce bilan, le psychomotricien évaluera si le patient a besoin d’une prise en charge en psychomotricité. Il mettra en place des objectifs qui pourront évoluer avec le temps et l’évolution de l’état du patient.

La durée des prises en charge est variable selon la problématique et l’évolution du patient.

Elle est généralement d’une durée d’un mois minimum et reconduite si nécessaire.

Bibliographie :

ALBARET JM., GIROMINI F., et SCIALOM P., Manuel d’enseignement de psychomotricité, 1. concepts fondamentaux, Edition De Boeck Solal.
POTEL C., Etre psychomotricien, Edition Erès.
DE AJURIAGUERRA J., Et la naissance de la psychomotricité, Volume 1. Corps, tonus et psychomotricité. Ouvrage coordonnée par Fabien Joly et Geneviève Labes.
Editions du Papyrus.
INSTAGRAM : histoires2psychomot

P. NOBLOT psychomotricienne travaillant à la Croix-Rouge
Etablissement de soins de suite et de réadaptation Marguerite BOUCICAUT 71 Chalon Sur Saône

Si cet article vous a plu, nous vous invitons à lire : Le bilan psychomoteur.

Le bilan Psychomoteur


Le bilan psychomoteur concerne surtout les enfants. En fonction du stade de développement de l’enfant, il vise à évaluer plusieurs facteurs. Interaction de la cognition, motricité, perception et sensibilité.


Pratiqué sur prescription médicale et après un examen médical approfondi, il est effectué par un psychomotricien. Celui-ci doit avoir une bonne connaissance des pathologies neurologiques et psychiques de l’enfance. Il doit également disposer des outils d’évaluation permettant d’apprécier le plus objectivement possible les domaines explorés.

Au terme du bilan, les différents acteurs discutent ensemble si une thérapie en psychomotricité ou une autre mesure de soutien sont indiquées. Cela, afin de soutenir l’enfant dans son développement.

Le bilan psychomoteur se déroule sur 2 à 5 séances selon les indications. (Besoin en cas de handicap moteur, psychique, autisme, troubles envahissants du développement, problèmes de développement psychomoteur etc…..).

Au cours du bilan, le thérapeute propose, à l’enfant ou l’adolescent, toute une série de tests. Ces derniers sont plus ou moins complexes, avec également différents jeux et activités motrices.

Il peut ainsi observer plusieurs éléments. À savoir, son niveau d’organisation, son repérage dans l’espace, le temps et plus généralement dans son environnement avec les objets et les personnes qui l’entourent. Parmi les nombreux paramètres explorés, nous retiendrons :

La coordination motrice

Comment l’enfant coordonne-t-il ses gestes ? Quel est son sens de l’équilibre ? Ses capacités de contrôle ou non de sa force ? Comment coordonne-t-il le mouvement de ses mains avec le regard ? Comment appréhende-t-il le « jouer au ballon » ?

De même sera testé comment l’enfant est-il assis à la table ou au bureau ? Comment pose-t-il son bras sur la surface de la table ? Comment se réalise la préhension du crayon? Comment est le tracé de son écriture ? Quel est son rythme respiratoire dans l’exercice des diverses tâches. Quel est le stade d’acquisition des postures et des habiletés manuelles, quelle est la qualité du mouvement ?

Le schéma corporel

On explore également comment il nomme et montre des parties du corps (son schéma corporel) ? Sa latéralité (utilise-t-il plutôt sa main droite ou sa main gauche) ? Comment manipule-t-il les différents objets ? Comment l’enfant réagit-il aux stimulations sensorielles: bruits, sons, stimulations visuelles ou tactiles ? A-t-il une bonne conscience des sensations que lui transmet son corps ?

L’orientation temporo-spatiale

L’enfant peut-il s’orienter dans l’espace? Sait-il retrouver des chemins qui lui sont connus ? Est-il capable de planifier quelque chose? A-t-il une notion du temps ? Comment gère-t-il les changements d’activité ? Quelles sont ses capacités d’attention et de concentration ?

Le degré d’autonomie

Comment l’enfant réalise-t-il les gestes du quotidien selon son âge développemental ? Quelles sont ses stratégies communicationnelles et ses relations à autrui et aux pairs ? Sa communication verbale et non-verbale ? Sa relation à l’autre et sa gestion des émotions ? Sa concentration et son attention ?

En pratique :

Les résultats ne sont jamais utilisés indépendamment du contexte dans lequel ils ont été recueillis. Cependant, ils constituent un élément de connaissance complémentaire à mettre en relation avec l’ensemble des informations du dossier, avant de mettre en place un projet thérapeutique adapté aux particularités du sujet.

Le bilan peut être réalisé en CMP, CMPP, en pédiatrie ou en libéral.

La saturation des services de prise en charge des enfants et adolescents conduit de nombreux parents à se tourner vers le libéral.

Le coût moyen d’un bilan dans ces conditions est de 155 euros au total, s’il est composé de :

– un premier entretien préliminaire

– deux séances d’examen psychomoteur

Par ailleurs, les soins de psychomotricité et de psychothérapie ne sont pas inscrits à la nomenclature des actes de l’Assurance Maladie ni de la CMU.

A noter que pour des pathologies bien définies et reconnues comme sources de handicap, on peut solliciter et obtenir par la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) une allocation (AEEH Allocation Education Enfant Handicapé) qui peut couvrir ces frais après étude du dossier.

Pour constituer ce dossier de demande d’aide financière auprès de la MDPH, il est impératif de remplir un formulaire accompagné d’une prescription médicale. Celui-ci permettant de passer un bilan psychomoteur.

Il est aussi possible de faire une demande exceptionnelle, via un accord préalable au médecin conseil de la Sécurité Sociale. Celui-ci pourra octroyer une aide extralégale en fonction de la situation personnelle du demandeur. Là encore, la demande devra être étayée d’une prescription médicale pour un bilan avec ou non des séances de psychomotricité et un devis du bilan et/ ou des séances de psychomotricité si nécessaire.

Le bilan psychomoteur est de fait non remboursé, malgré son utilité manifeste comme outil de dépistage, de diagnostic et de thérapie adaptée.

C’est pour cela que l’APPA propose à ses adhérents une participation qui s’élève à 100 euros.

Dr Shadili Gérard (Pédopsychiatre),
administrateur de l’APPA
Dr Douchain François (Pédiatre),
administrateur de l’APPA

Vous pouvez télécharger cet article ici :

Bibliographie :

  • La psychomotricité dans l’enseignement ordinaire et dans la pédagogie spécialisée, document publié par Psychomotricité Suisse en 2013.
  • Marine Cantin. Le bilan psychomoteur dans le cadre du polyhandicap. Médecine humaine et pathologie.2017. <dumas-01592800>
  • FILLOL Camille, L’évaluation psychomotrice de l’enfant TED : difficultés et aménagements MEMOIRE EN VUE DE L’OBTENTION DU DIPLOME D’ETAT DE PSYCHOMOTRICIENNE, JUIN 2008
  • Alessandra Skory Oppliger Le bilan psychomoteur à l’heure de la CIF et de la PES, HEILPÄDAGOGIK ALLGEMEIN, 2010
  • Alain de Broca: Le développement de l’enfant: du normal aux principaux troubles du développement. Elsevier Masson 6eme édition 2017.

Si cet article vous a plut, nous vous invitons à lire le suivant : Psychomotricité chez des patients adultes dans un centre de rééducation fonctionnelle.

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