Actualité : Février 2017

Paris, le lundi 23 janvier 2017 – Rien ne va plus avec les jeunes médecins en ce qui concerne l’application de la réforme du 3è cycle des études médicales…

(Information « UNIVADIS » La référence en ligne des professionnels de santé)

L’absence de concertation semble en effet être la règle entre les futurs médecins et la Commission Nationale des Etudes de Maïeutique, Médecine, Odontologie et Pharmacie (CNEMMOP) en charge de la mise en place de la réforme pour la rentrée 2017, en particulier sur la durée des Diplômes d’études spécialisée (DES) ou la distribution des postes. Après le SNJAR, jeune syndicat d’anesthésistes réanimateurs créé en ce début d’année, les jeunes hépato-gastro-entérologues, puis l’ensemble de la spécialité d’anesthésie-réanimation, jeunes et seniors, l’ISNI et l’ANESM manifestent leur colère commune face à une réforme qui se fait sans eux.

Pour rappel le décret n° 2016-1597 du 25 novembre 2016 relatif à l’organisation du troisième cycle des études de médecine et modifiant le code de l’éducation, paru au Journal Officiel du 27 novembre, fixe le nouveau cadre de la formation de l’étudiant en troisième cycle des études médicales. Un arrêté ministériel du 26 décembre 2016 détermine pour la période 2016-2020 le nombre d’internes en médecine à former par spécialité et par subdivision.

Les internes veulent être acteurs de la réforme

« Les étudiants, premiers concernés, derniers concertés ! », s’indignait déjà l’Anesm le 11 janvier, « la rédaction des projets d’arrêtés et de décrets s’accélère pendant qu’en parallèle le niveau de concertation autour de ces derniers diminue dans les mêmes proportions. » Par la voie des documents préparatoires du Conseil National de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (CNESER) du mardi 17 janvier transmis à la Fédération des Associations Générales Etudiantes (FAGE), l’Association venait d’apprendre l’existence de multiples textes ratifiant plusieurs points de la réforme. « Les étudiants en médecine, et plus particulièrement les 6èmes années (…) préféreraient être acteur dans la détermination de leur avenir universitaire et professionnel », soulignait l’Anesm, appelant ses Ministères de tutelle ainsi que la communauté universitaire médicale à cesser un « unilatéralisme délétère ».

« Les jeunes et futurs médecins (sont) mis au pied du mur ! », constatent maintenant l’ISNI et l’ANEMF après la réunion de la CNEMMOP qui s’est tenue le 18 janvier. Ils déplorent « une rupture unilatérale du dialogue au moment le plus critique », et refusent « d’assister à cette mascarade qui consiste à nous faire cautionner en aveugle des textes majeurs ». Les deux syndicats demandent « l’accès inconditionnel aux documents de travail actualisés dès maintenant afin de pouvoir les valider en amont de leur publication. »

Ils rappellent d’autre part que « face à cette absence de concertation, de nombreux syndicats et associations nationales de spécialités médicales comme chirurgicales commencent à émettre de grandes réserves quant à cette réforme ».

L’association française des internes d’hépato-gastro-entérologie (AFIHGE), a été la première à s’alarmer fin décembre 2016. La réforme du 3ème cycle maintient en effet à 4 ans la durée de son DES alors que les internes, soutenus par le collège des hospitalo-universitaires de la spécialité et le conseil national des universités (CNU), demandent un allongement de formation à 5 ans. « Malgré une demande de l’ensemble du corps professoral (CNU et CDU-HGE), des différentes sociétés savantes, des internes et de leurs représentants au sein de l’AFIHGE, la mission dirigée par Benoît Schlemmer refuse de nous entendre, et maintient un internat de 4 ans pour l’Hépato-Gastroentérologie », souligne l’AFIHGE.

Anesthésie-réanimaton, un mouvement national historique

Le 4 janvier, dès le lendemain de sa création, le syndicat national des jeunes anesthésistes-réanimateurs (SNJAR) dénonçait « une atteinte majeure à leur formation et à la qualité des soins » avec la répartition du nombre d’internes fixée dans le co-DES Anesthésie-Réanimation/Médecine Intensive Réanimation (DESAR MIR) pour la période 2016-2020, répartition visant à réduire le domaine de l’anesthésie-réanimation. Le syndicat s’élevait contre un arbitrage déconnecté des réalités du terrain et rendu sans concertation avec les structures représentatives universitaires, syndicales et étudiantes.

Le 4 janvier aussi le SNPHAR-E (Syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes-réanimateurs-élargi),associé au SMARNU (Syndicat des médecins anesthésistes réanimateurs non universitaires)et à l’INSCCA(Inter-syndicat national des chefs de clinique et assistants),exprimaient la colère des médecins anesthésistes-réanimateurs toutes générations confondues devant la diminution du nombre de postes d’anesthésie-réanimation (459 contre 487 l’année dernière), et face à des effectifs proposés au niveau des différentes régions « en totale inadéquation avec les problématiques de terrain en terme de démographie médicale ». Ils soulignaient aussi qu’une demande de rendez-vous auprès de la DGOS par le Conseil national de l’anesthésie-réanimation et les jeunes médecins anesthésistes-réanimateur en date du 22 décembre n’avait toujours pas été honorée, ne faisant qu’augmenter le doute et l’agacement chez les praticiens concernés.

Le 17 janvier, un communiqué commun annonce l’association dans un « mouvement d’union nationale historique » des composantes de l’Anesthésie-Réanimation – le CNP, la Collégiale des Enseignants, la sous section 48-01 du CNU, le CFAR (Collège Français des Anesthésistes-Réanimateurs), la SFAR (Société française d’anesthésie réanimation), le SNPHARe, le SNARF (Syndicat national des anesthésistes réanimateurs de France), le SMARNU, le SNJAR – et les intersyndicales d’internes et de chefs de clinique – assistants (ISNI, ISNCCA).Il s’agit d’interpeller les pouvoirs publics sur « la défaillance du système actuel de régulation et l’incohérence de la distribution du nombre de postes au sein du DESAR MIR », et leurs conséquences. Les organisation signataires vont être reçues le 25 janvier par la DGOS pour exposer leurs préoccupations et demandent aussi à être reçues par le ministère de la Santé sous l’égide du Conseil national professionnel d’anesthésie-réanimation.

Décret n° 2016-1597 du 25 novembre 2016 relatif à l’organisation du troisième cycle des études de médecine et modifiant le code de l’éducation, paru au Journal Officiel du 27 novembre. https://www.legifrance.gouv.fr/eli/decret/2016/11/25/MENS1620996D/jo

Arrêté du 26 décembre 2016 déterminant pour la période 2016-2020 le nombre d’internes en médecine à former par spécialité et par subdivision https://www.legifrance.gouv.fr/jo_pdf.do?id=JORFTEXT000033719416